Décryptage
Vous pensez encore que le calcium vient seulement du lait ?

Vous pensez encore que le calcium vient seulement du lait ?

Il est temps de revoir vos idées reçues.

Publié le 27.03.2017

Auteure d’un guide de la santé devenu un best-seller, le Dr Alexandra Dalu y explique simplement des notions de médecine sur l’alimentation, le sommeil, le cerveau, les hormones et l’exercice physique. Les 100 idées reçues qui vous empêchent d’aller bien sort aujourd’hui en format poche. Extraits choisis sur la question du calcium dans les produits laitiers, la mode de la cure détox et les facteurs déclenchants des cancers. Une bonne façon de s’informer sur les dernières recherches scientifiques.

La meilleure source de calcium pour le corps, ce sont les produits laitiers. FAUX

Pour rappel, le calcium est l’élément minéral constituant essentiel (98 %) des os et des dents. Le calcium non osseux a, quant à lui, des fonctions neuromusculaires, un rôle majeur dans la contractilité cardiaque et la coagulation du sang.

S’il est vrai que les produits laitiers contiennent une bonne quantité de calcium, et notamment certains fromages (parmesan, emmental, gruyère, beaufort, comté, roquefort), le lait, les yaourts, les petits-suisses, la crème fraîche et le beurre, de nombreux autres choix s’offrent à nous.
On trouve du calcium dans les poissons. Il y en a aussi en belle quantité dans les crustacés, des moules aux huîtres en passant par les crevettes, le homard ou le poulpe. Le jaune d’œuf et la viande en contiennent également. Tout comme les algues, les lentilles, les haricots blancs, les pois chiches, les choux, les brocolis, les asperges, le soja, les fruits secs (amandes) sont des sources végétales intéressantes en terme d’apport calcique.

Et l’eau dans tout ça ? De nombreuses études montrent que ses apports en calcium sont tout aussi efficaces que le lait, que ce soit en termes de biodisponibilité (assimilation par l’organisme du nutriment présent dans l’aliment, la matrice) que d’absorption. En effet, une partie du calcium alimentaire ou venant de l’eau – environ 30 à 40 % – est absorbée. Tout comme 10 % du calcium végétal. Il faut donc varier ses sources alimentaires.

Certaines eaux riches en minéraux couvrent les apports journaliers recommandés en calcium (comme Hépart, Courmayeur, Contrex). Fait étudié et très intéressant, le calcium des eaux (tout comme le calcium pharmaceutique) freine l’hormone PTH (parathormone) et réduit donc la résorption (destruction) osseuse. On peut donc conseiller aux personnes de tout âge, sauf au bébé dont les reins ne sont pas prêts à recevoir des eaux trop minéralisées, aux personnes allergiques ou intolérantes au lait, de boire des eaux minérales en plus des aliments déjà cités.

Sans compter que le calcium joue un rôle bénéfique dans la régulation de l’appétit et dans le métabolisme des graisses. Il permet l’élimination fécale. Une eau riche en calcium devient indispensable dans le cadre d’un rééquilibrage alimentaire pour perdre de la masse grasse, car l’eau n’apporte aucune calorie. Elle permet de réduire la masse adipeuse abdominale chez les adultes et les enfants.

Ce qui nous amène aux régimes amaigrissants. Attention, lorsque ceux-ci sont très stricts, ils entraînent des carences en calcium. Il faut alors penser à faire doser son taux de vitamine D qui permet son absorption intestinale.
On conseille par ailleurs aux plus récalcitrants au lait de maintenir une petite consommation de produits laitiers, comme du beurre bio qui contient de l’acide myristique et qui permet l’absorption de la vitamine D et donc, indirectement, celle du calcium.

Enfin, attention, si vous êtes un gros consommateur de café, de sel, de sodas, de boissons énergisantes et d’alcool, tout cela augmente le fuite du calcium par les reins (c’est-à-dire par voie urinaire) et donc une possible insuffisance en calcium avec, à long terme, un risque d’ostéoporose. C’est aussi le cas du stress qui, en élevant le taux de cortisol (l’hormone du stress), fait fuir le calcium par les reins, alors détendez-vous !

Faire des cures détox, c’est une mode plus qu’un besoin. FAUX

La « détox », c’est donner à son corps les meilleurs outils de détoxification ou d’évacuation des déchets toutes natures confondues pour soutenir et optimiser le travail des organes émonctoires. Ce n’est donc pas qu’une tendance.

La détoxification est une réaction physiologique qui se produit naturellement dans différents organes du corps humain au quotidien. Elle permet à l’organisme d’éliminer les toxines exogènes et endogènes accumulées dans la journée.
Qu’elles soient respirées (pollution de l’air, tabac), appliquées (cosmétiques), consommées (alimentation, médicaments) ou produites par le corps lui-même, les toxines sont transformées grâce à des enzymes (protéines naturelles) et leurs cofacteurs (micronutriments antioxydants et anti-inflammatoires) pour devenir solubles et donc transportables. Elles peuvent ensuite être détruites et excrétées par les émonctoires naturels tels que les reins (urine) et les intestins (selles).
Chacun d’entre nous est métaboliseur rapide ou lent : ces réactions biologiques se font donc plus ou moins lentement. Ce métabolisme dépend de plusieurs facteurs tels que le programme génétique, l’âge, le statut hormonal, l’état de santé, l’hygiène de vie alimentaire et sportive, l’environnement.
Certains aliments très riches en antioxydants (ORAC élevé) et à haute valeur nutritionnelle sont à privilégier ainsi toute l’année pour optimiser les performances de son métabolisme.

Cependant, des compléments alimentaires à base de plantes à vertus détoxifiantes peuvent être utilisés en cures courtes afin d’accélérer ces réactions métaboliques lorsque le corps est sujet à des stress intenses (surmenage, infection, fatigue) : ils sont à base de chardon-Marie, artichaut, spiruline, romarin, curcuma, fenouil, fumeterre, bouleau et pissenlit.

Lorsqu’on parle de détoxification, on prend aussi en considération l’action bénéfique d’autres réactions physiologiques qui la favorisent indirectement comme, par exemple, la chélation des métaux lourds (plomb, mercure, aluminium, cadmium) par des antioxydants tels que l’acide lipoïque, la carnosine, le glutathion (retrouvé dans la viande et le poisson) ou des plantes telles que la chlorelle, la Laminaria japonica et la spiruline.

En phase détox, le corps doit aussi lutter contre la glycation, phénomène de vieillissement d’origine intrinsèque et extrinsèque. Cette réaction a pour conséquence la fabrication de produits de glycation avancés (AGE) très toxiques qui s’accumulent dans les cellules des tissus organiques de manière irréversible. C’est la combinaison de protéines et de sucres soumis à une forte cuisson qui en est la cause. Attention alors à ne pas multiplier les grillades au barbecue, les produits précuits que l’on recuit, les biscottes, le pain grillé, la junk food, etc. et le sucre tout court, qui est à bannir en cure détox.

Mais le corps, c’est aussi le cerveau. On l’ignore souvent, mais ce dernier est également un organe émonctoire détox. Fait récent, en 2013, une équipe américaine de l’université de Rochester a fait une découverte grâce à une nouvelle technique d’imagerie cérébrale : le cerveau possède un réseau de détoxification propre qui détruit et évacue les toxines accumulées dans la journée, et ce, pendant le sommeil. Les déchets résultant de l’activité des neurones passent dans ce réseau appelé glymphatique pour ensuite se déverser dans le réseau veineux et être éliminés par les voies naturelles. Ce nettoyage cérébral ou « détox neuronale » dépend donc d’un sommeil de qualité.
Le glymphe est d’ailleurs ralenti lors d’un dîner trop copieux, de la prise de somnifères et d’alcool, ce qui pourrait être l’une des hypothèses scientifiques pour expliquer le déclin des fonctions cérébrales cognitives et l’apparition de maladies neuro-dégénératives telles qu’Alzheimer.

Le cancer est une maladie d’origine multifactorielle. Les infections bactériennes, virales, la génétique, les hormones, les toxines, l’environnement professionnel, le tabac, l’alcool font partie des facteurs déclenchants. Il existe depuis des années des études qui prouvent que l’alimentation joue un rôle capital dans le développement et, à l’inverse, la protection des cancers. De la même façon, les études montrent que la pratique du sport diminue les facteurs de risques de développer un cancer. La consommation de boissons alcoolisées est la deuxième cause évitable de mortalité par cancer, après le tabac.
En réduisant les facteurs de risques connus, on peut donc réduire l’incidence des maladies. Si le médecin transmet ses connaissances, le patient devient alors acteur de sa santé : on mange mieux, on bouge mieux, on fume moins et on boit moins !

– Diminuer votre consommation d’alcool et de tabac (ou arrêter).
– Diversifier votre alimentation pour varier l’apport en vitamines.
– Augmenter parallèlement votre consommation de fibres.
– Choisir les produits alimentaires les moins transformés avec donc moins d’additifs tels que sulfites, sel,conservateurs, colorants, exhausteurs, édulcorants.
– Consommer bio de temps en temps (moins de pesticides).
– Consommer des aliments frais et crus en alternance avec des aliments cuits apportera un maximum de micronutriments à l’organisme pour optimiser les réactions biologiques antiprolifératives de cellules « malades ».
– Et faire du sport, car le sport diminue le risque de cancer toutes causes confondues et augmente l’espérance de vie chez les hommes et les femmes, quels que soient leurs antécédents.

Les 100 idees qui vous empechent daller bien _c1

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