Décryptage
Choisir sa médecine traditionnelle

Choisir sa médecine traditionnelle

Ayurvéda, acupuncture, naturopathie ou ostéopathie? Comprendre les différentes méthodes de soins naturels

Publié le 05.06.2016 Anne-Charlotte Fraisse

La médecine ayurvédique, issue de la tradition indienne

Notre voyage commence en Inde au 2ème millénaire avant Jésus Christ, l’ayurvéda puise sa source dans les textes sacrés de l’Inde antique et signifie « science ou connaissance de la vie ». A l’heure où l’on a ni scanner ni prise de sang pour poser un diagnostique, on se base sur l’observation des cinq éléments présents sur terre et en l’humain : l’espace, l’air, le feu, l’eau et la Terre ainsi que les énergies (appelées ‘Doshas’) qui sont au nombre de trois et se trouvent chez chacun en différentes proportions : Vata, Pitta et Kapha. La bonne santé est garantie lorsqu’il y a un équilibre entre ces trois énergies fondamentales. Le praticien en ayurvéda observe le patient : teinte de la peau, de la langue, structure physique et prise des pouls au poignet pour déterminer les surcharges ou faiblesses.

Le traitement ayurvéda commence avec une action de grand nettoyage : le Panchakarma. Ce terme signifie 5 actions de purification et va agir, comme dans toute médecine holistique, sur le corps et l’esprit pour éliminer les toxines. Le patient est purgé, massé, lavé (notamment les sinus et/ou les intestins). Enfin, la sudation permet de faire remonter les toxines libérées dans le corps par la peau.

La pharmacopée utilisée est à base de plantes et de minéraux se nomme rasayanas, ou « circulation de l’essence » et permet, une fois le corps purifié, de retrouver l’équilibre des doshas.

L’alimentation préconisée en ayurvéda est individualisée en fonction des dominantes du patient pour trouver l’équilibre entre 6 saveurs : sucré, salé, amer, astringent, piquant et acide.

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Les soins du corps servent autant à retrouver qu’à garder l’équilibre global : les massages sont utilisés au quotidien et pas uniquement dans le cadre d’un soin. Le yoga, qui signifie unir ou relier, fait lui aussi partie d’une hygiène de vie quotidienne et se compose de trois pratiques : les postures physiques dites « asanas », la méditation et relaxation appellées « yoga nidra » et les respirations dites : « pranayama ».

La médecine traditionnelle Chinoise et l'acupuncture

Cette médecine existe depuis le 8ème siècle avant Jésus-Christ et considère la maladie comme la rupture de l’équilibre du patient. Par l’observation des cinq éléments qui composent le corps : le bois, le métal, le feu, la terre et l’eau, la prise de pouls au creux du poignet et des chevilles, le praticien détermine l’état des organes et les blocages dans la circulation de l’énergie dans le corps.

On connaît surtout l’acupuncture, qui se pratique avec des aiguilles ou des rouleaux de plantes séchées (les moxa) sur des point précis du corps. Les routes de circulation de l’énergie sont les méridiens, reliés à chaque organe. La maladie est l’expression de la sur ou sous-activité d’un organe, ou d’un blocage dans les méridiens. Les points d’acupuncture situés sur ces méridiens sont donc stimulés pour rétablir une circulation harmonieuse de l’énergie dans le corps que les Chinois nomment le « Chi » ou « Qi ».

On retrouve ce terme dans le Chi-gong, qui signifie « exercice de l’énergie vitale » et se pratique avec des mouvements lents, calés sur le souffle et adaptés à l’état de santé et de développement personnel de chacun. Tout le monde peut le pratiquer, du guerrier au convalescent . Il existe également une branche mystique destinée aux guérisseurs.

L’autre technique permettant de faire circuler à nouveau l’énergie dans le corps ou de rééquilibrer les organes est le massage Tui-Na, qui signifie « pousser et saisir ».

Les pratiques thérapeutiques ne s’arrêtent pas là : en médecine Chinoise, les plantes, les végétaux et minéraux composent une pharmacie riche de 5000 produits. Ils peuvent se combiner entre eux et la médecine traditionnelle Chinoise utilise fréquemment de 400 à 500 produits.

Enfin, comme nous le verrons dans chaque médecine Holistique, les conseils alimentaires font partie intégrante de la thérapie : régie par le principe du yin et du yang, tout à la fois opposés, complémentaires et indissociables, l’alimentation doit être un équilibre entre les saveurs, les couleurs et les formes des aliments en fonction des saisons.

La naturopathie ou la stimulation des mécanismes naturels d'autoguérison du corps

La naturopathie est plus proche de nous géographiquement : les origines remontent aux traditions Esseniennes et Summériennes et arrivent jusqu’à nous avec Hippocrate (Grèce, 460-370 avant Jésus-Christ). On trouve plusieurs significations ou traductions de ce terme : soit « natura-pathos », les soins de ce que l’on ressent ou de la maladie par la nature, ou bien la traduction Anglaise : « nature’s path », le chemin de la nature. La naturopathie stimule les capacités d’auto-guérison du corps par des méthodes naturelles, tout en ayant une conception holistique de la santé qui repose sur un équilibre de l’homme avec son environnement, du corps et de l’esprit.

Comme en ayurvéda et en médecine Chinoise, le bilan de santé naturopathique repose sur une observation et un questionnaire, qui va de son état physique à son mental en passant par les habitudes de vie.

Le naturopathe pratique la prise de pouls ainsi que l’analyse de l’iris (iridologie) pour déterminer la cause du déséquilibre.

Pour entretenir la santé, trois piliers fondamentaux : l’alimentation, la psychologie et l’exercice physique, qui sont complétés au besoin par sept techniques complémentaires (Hydrologie : utilisation d’eau chaude ou froide à des endroits précis du corps pour stimuler ou détendre, massages non médicaux, réflexologie plantaire, techniques de respiration, plantes ou compléments alimentaires, l’énergétique ou les ondes : solaires,musicales,couleurs).

Un suivi en naturopathie intègre des périodes de diète ou de revitalisation, de la relaxation et des exercices physiques.

L’ostéopathie se base sur une observation précise du corps

L’ostéopathie voit le jour en 1874, lorsque Andrew Taylor Still, après avoir étudié Hippocrate, formule une théorie sur la capacité du corps à s’auto-équilibrer dès lors que l’on redonne de la mobilité aux zones bloquées. Le terme est dérivé du Grec Ostéon (os) et pathos (le mal).

L’ostéopathe se base sur une observation précise du corps, la palpation et bien sûr les réponses du patient à ses questions pour chercher la cause du trouble et résoudre la conséquence : la douleur.

Il arrive que l’ostéopathe intègre des conseils de nutrition, des compléments alimentaires et des recommandations sportives, mais le principal outil de soin reste la manipulation du patient.

Les points communs de toutes ces médecines dites « douces » ou traditionnelles nous prouvent que bien avant l’invention des IRM, sur chaque petit bout de terre où l’humanité a élu domicile, une médecine naturelle existe et ses grands principes sont semblables : le corps possède une énergie de vie, qui lorsqu’elle est contrariée par un blocage donne lieu à la maladie. Pour lever ce blocage, physique ou psychique, l’arsenal pharmacologique se trouve dans la nature, on change l’alimentation du patient, il reçoit des thérapies manuelles, draine ses toxines et fait de l’exercice physique couplé à des respirations.

D’autres médecines ancestrales régies par ces principes se retrouvent ailleurs : les chamans de Mongolie, les tradipraticiens en Afrique… Et nous enseignent une sagesse universelle pour le maintien de la santé.

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