Décryptage
Échapper aux varices et aux jambes lourdes pendant la grossesse

Échapper aux varices et aux jambes lourdes pendant la grossesse

Les trois traitements naturels à suivre

Publié le 09.05.2017 Jacques Pothier, pharmacien et botaniste

La santé naturelle propose des solutions efficaces et sans danger pour la femme enceinte et son bébé. Voici les trois grands régles à suivre accompagnés des six plantes incontournables qui ont fait leurs preuves (on les retrouve dans la composition des médicaments !) pour tonifier les veines et soulager les hémorroïdes.

1. Exercices physiques et hygiène de vie

Le premier principe à respecter est d’adopter une bonne hygiène de vie. Faire de l’exercice est une recommandation de base. Il faut aussi boire régulièrement, éviter le port de vêtements serrés, le chauffage par le sol, garder une alimentation équilibrée, éviter le surpoids et pratiquer les douches écossaises : l’alternance d’eau chaude et froide sur les jambes favorise une véritable gymnastique veineuse.

Certaines actions mécaniques favorisent le retour veineux et soulagent rapidement. Il est recommandé de surélever ses jambes et de les masser. Pour activer la microcirculation, le massage des jambes doit commencer du bout du pied et remonter le long de la jambe. Il existe des crèmes et des gels qui donnent une sensation de fraîcheur. Les gels sont à appliquer en fin de journée.

Comme de nombreuses plantes, certains aliments sont bons pour la circulation sanguine, car ils préservent les vaisseaux. Une alimentation riche en vitamine E et en vitamine PP renforce les parois des veines et des capillaires.

La vitamine E se trouve surtout dans les noix, les amandes et les graines, les céréales, les huiles végétales, les légumes verts comme les asperges, les épinards, etc.

La vitamine PP est surtout présente dans les poissons des mers froides, comme la morue ou le saumon, également riches en omégas 3, les viandes et particulièrement le foie.

La vitamine C, le sélénium et le zinc ont également des vertus protectrices pour les vaisseaux. La vitamine C se trouve dans la plupart des fruits et légumes (agrumes, persil, kiwi, etc.), alors que le zinc et le sélénium proviennent surtout des fruits de mer et des légumes secs comme les lentilles et les haricots.

On peut faire également le plein d’antioxydants, qui protègent les vaisseaux, et qui se trouvent en grandes quantités dans les fruits rouges comme le cassis, les framboises, les fraises.

2. La compression

La contention avec des chaussettes ou des bas est très efficace. Il est prouvé scientifiquement que grâce à leur tissage particulier à mailles serrées, les chaussettes et les bas exercent une force mécanique, une pression du bout du pied, tout le long de la jambe. Cette compression veineuse améliore le retour du sang.

Il faut faire attention à les enfiler correctement pour que la contention soit homogène. Il est conseillé de les porter toute la journée. Ces chaussettes et bas de contention amènent un confort et une amélioration immédiats chez le patient.

3. Les plantes phlébotoniques ou veinotoniques

Le troisième pied du trépied prend appui sur les vertus des plantes phlébotoniques ou veinotoniques qui améliorent la tonicité des vaisseaux.

Les plantes utilisées contre les jambes lourdes et la crise hémorroïdaire ont des composés aux propriétés vasculoprotectices et veinotoniques. Elles réduisent la perméabilité des vaisseaux sanguins et augmentent leur résistance.

Il s’agit des plantes qui contiennent des flavonoïdes (responsables de la couleur jaune des fleurs et des fruits, parfois des feuilles), des anthocyanosides (de couleur rouge) et des dérivés coumariniques (assez proches des polyphénols, ils forment un groupe à part) et aussi des saponosides.

On en trouve dans des plantes alimentaires comme le citron, les thés vert et noir, le vin rouge, les oignons et surtout dans les plantes à polyphénols que nous détaillons plus loin.

Sophora du Japon

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Fleur de Sophora japonica (appelé aussi Styphnolobium japonicum) de la famille de Fabacées.

Le sophora du Japon, ou arbre à miel, est une espèce de la grande famille des Fabacées, autrefois appelées légumineuses. Naguère, les Japonais l’utilisaient pour teindre la soie en jaune. Le sophora est aussi appelé arbre des pagodes. Il doit ce surnom au fait qu’il fait partie des arbres traditionnels installés à proximité de celles-ci.

C’est un arbre intéressant du fait de ses bourgeons qui contiennent des flavonoïdes dont une quantité remarquable de rutoside (20 %). Le rutoside et ses dérivés se retrouvent dans bon nombre de plantes veinotoniques.

On peut utiliser ses boutons floraux en tisane après décoction, à boire tiède de préférence.

 

Ginkgo biloba

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Feuilles de Ginkgo biloba (Ginkgo biloba) de la famille des Ginkgoacées.

Le ginkgo, appelé arbre aux quarante écus, est un véritable fossile vivant, le plus vieil arbre existant sur terre. Ses feuilles caractéristiques en forme d’éventail à deux lobes sont employées contre les troubles cognitifs de l’adulte et comme vasculoprotecteurs.

Il est peu utilisé en tisanes à cause de son goût : une cuillère à soupe pour un bol à faire infuser 10 minutes. Boire 3 ou 4 bols par jour. On trouve sur le marché des extraits standardisés en flavonoïdes (24 %).

Les présentations liquides, trop riches en alcool, nécessitent une consultation médicale en cas de grossesse et d’allaitement.

Il existe des gels fraîcheurs à base de ginkgo pour le bien-être des jambes.

Hamamélis

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Feuilles d’hamamélis (Hamamélis virginiana) de la famille des Hamamélidacées © 2007 Derek Ramsey

Arbuste courant en Europe et en Amérique du Nord, l’hamamélis contient des tanins astringents en grandes quantités, ainsi que des flavonoïdes. Les propriétés de régulation de la circulation veineuse de l’hamamélis sont dues au rutoside.

Utilisation et posologie de l’hamamélis

En tisane, laisser infuser pendant une petite quinzaine de minutes une cuillère à café de feuilles d’hamamélis par tasse. Boire 3 tasses au maximum par jour.

Pour une décoction d’hamamélis, plonger les feuilles (environ 30 g par tasse) dans de l’eau froide, puis porter à ébullition pendant 15 à 30 minutes. Laisser reposer et boire dans la journée.

La feuille de l’hamamélis est suffisamment épaisse et coriace pour permettre sa consommation en décoction, qui contient plus de principes actifs mais qui a un goût plus amer. La consommation de la plante en tisane est toujours préférable.

Il existe des gélules de poudre de feuilles d’hamamélis. En prendre de 1 à 3 fois par jour au moment des repas. Ne pas dépasser la dose de 6 gélules par jour.

Vigne rouge

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Feuilles séchées de vigne rouge (Vitis vinifera) de la famille des Vitacées. © Wildfeuer

C’est le chef de file des plantes de la circulation sanguine. Plante ligneuse à tige grimpante munie de vrilles, la vigne rouge voit ses feuilles, vertes au printemps, se pigmenter progressivement pour prendre à l’automne une splendide couleur rouge sang. Ses propriétés bénéfiques reposent sur la présence de diverses substances offrant aux vaisseaux sanguins une protection rapprochée.

Les anthocyanosides et les tanins, quant à eux, favorisent la contraction des cellules musculaires des vaisseaux, facilitant le retour vers le cœur du sang accumulé dans les membres inférieurs. La présence de proanthocyanidols dans les feuilles de vigne rouge permet une action anti-radicaux libres et une stabilisation du collagène présent dans les membranes des vaisseaux. Ainsi, la vigne rouge tonifie les veines, d’où son utilisation dans les problèmes de jambes lourdes, varices, couperose, fragilité capillaire. Elle soulage également  les hémorroïdes.

Utilisation et posologie de la vigne rouge

En infusion, 2 cuillères à soupe (5 g) par tasse. Ajouter les feuilles de la vigne rouge à votre eau frémissante. Laisser infuser pendant 10 minutes. Vous pouvez boire jusqu’à 3 infusions par jour. On peut augmenter les doses en cas des jambes lourdes.

On trouve également des gélules de vigne rouge. En prendre 3 à 4 par jour en cure de 1 mois.

On peut l’associer à l’hamamélis.

Mélilot

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Melilotus officinalis de la famille des Fabacées.

C’est une plante herbacée bisannuelle, de 30 à 90 cm de haut, à tiges dressées et feuilles trifoliées. Les fleurs, très petites, papilionacées, jaunes, à l’odeur de foin coupé, sont groupées par 30 à 70 en grappes de 4 à 10 cm.

Les sommités fleuries contiennent des flavonoïdes et des dérivés coumariniques, dont le mélilotoside libérant du glucose et de l’acide coumarique, diurétique et antispasmodique. C’est surtout un veinotonique, puissant anti-œdémateux. Il augmente le débit veineux et le débit lymphatique et diminue la perméabilité capillaire. Il est utilisé contre les varices et les thrombophlébites, dans l’insuffisance veino-lymphatique.

Utilisation et posologie du mélilot

Sous forme d’infusion : verser de l’eau bouillante sur 1 à 2 cuillères à café de sommités fleuries séchées, finement coupées et laisser infuser pendant 5 à 10 minutes, avant de filtrer. Puis boire une tasse de tisane 2 à 3 fois par jour afin de renforcer le tonus veineux.

Petit-houx ou Fragon

branche de fragonnette sauvage, Ruscus aculeatus,sur fond bois
Fruits de petit-houx (Ruscus aculeatus) famille des Asparagacées.

Le petit-houx est un sous-arbrisseau de moins d’un mètre de hauteur, rhizomateux et très ramifié. Les fruits sont des baies rouges. C’est le rhizome (la racine) qui a des vertus veinotoniques car il possède un glycoside stéroïdien, la ruscogénine, saponoside vasoconstricteur.

Utilisation et posologie du petit-houx

En décoction : faire bouillir le rhizome 5 minutes à raison d’une cuillère à café par tasse. Filtrer et boire 2 à 3 tasses par jour.

Il existe des gélules de poudre de plantes associant petit-houx, vigne rouge et hamamélis.

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