Décryptage
L’échinacée prévient et soigne les rhumes et la grippe

L’échinacée prévient et soigne les rhumes et la grippe

La plante rose booste le système immunitaire

Publié le 04.12.2018 Amanda Jullion, herboriste franco-canadienne

À la fin de l’été, les fleurs d’échinacée envahissent les champs comme des danseuses en tutus roses, fières sur leurs pointes. Aux États-Unis et au Canada, d’où cette belle astéracée est originaire, les producteurs de plantes médicinales récoltent les racines et les fleurs depuis 1895.

L’échinacée est héritée de la culture amérindienne – issue des traditions sioux, comanches, dakotas, cheyennes, pawnees, etc. Depuis 20 ans, elle est la plante la plus vendue dans les magasins de produits naturels nord-américains.

L’échinacée soigne généreusement les enfants et les adultes, et même nos animaux de compagnie de la tête aux bouts des pattes !

L’échinacée débarque en Allemagne

À la fin du XIXe siècle, sa réputation de stimulation du système immunitaire et d’efficacité préventive en cas de rhumes et autres infections des voies respiratoires est devenue internationale.

En Europe, c’est grâce à un médecin allemand qu’elle apparaît dans les officines. Elle est implantée dans les années 1920, en Allemagne, où le climat similaire à celui du Québec encourage sa culture. Les grandes amplitudes thermiques favorisent la qualité curative des principales composantes de son effet immunostimulant : l’acide hyaluronique, les polysaccarides, l’insuline, l’échinacoside et les alkylamides. Aujourd’hui, l’Allemagne propose quelques 300 remèdes à base d’échinacée.

À prendre avant l’arrivée de la grippe

Dans la famille des astéracées se sont les fleurs d’échinacée et/ou les racines d’Echinacea purpurea, Echinacea angustifolia ou Echinacea pallida que l’on trouve dans les remèdes. En prévention ou dès l’apparition des premiers frissons, les vertus immunostimulantes déclenchent toutes les défenses du système immunitaire : elles agissent comme des boosters pour lutter contre la prolifération des bactéries et des microbes.

Mais comment l’échinacée agit-elle pour augmenter les défenses immunitaires ? Cela reste encore flou. On avance trois hypothèses :

  • augmentation de la production des cellules de l’immunité, lymphocytes et macrophages,
  • augmentation de la production d’interférons (petites protéines sécrétées par différents types de cellules, ayant une action régulatrice et stimulatrice du système immunitaire. Ils sont fabriqués par les globules blancs).
  • activité anti-mycosique, anti-levures.

Les doses doivent être fortes et sur une courte durée. Il n’est pas recommandé de les prendre sur de longues périodes, cela est contraire à sa fonction de stimulation des globules blancs, qui sont les sentinelles de l’organisme.

Couplée avec la réglisse ou bien la propolis, l’échinacée est la plante idéale des maux d’hiver en solution hydro-alcoolique (teinture mère), en glycéré, en capsules, en pastilles ou même en décoction.

achinacea angustifolia

Anti-infectieuse, efficace même contre la maladie de Lyme

L’échinacée est idéale pour « recharger les batteries » et donner un coup de fouet général avant de retrouver le pétillant printemps.

Les courants d’air, les pieds et mains gelés sont des facteurs aggravants des cystites et autres problèmes urinaires. L’échinacée, là aussi, avec ses propriétés antifongiques et anti-infectieuses, agira dès les premiers symptômes.

Pour ajouter une autre corde à son arc, en cas d’herpès labiale ou vaginal, en curatif, la propriété antivirale de l’échinacée est une alliée précieuse, et des cures régulières permettront l’espacement des crises.

Elle serait aussi efficace pour lutter contre la maladie de Lyme, couplée avec d’autres plantes comme la piloselle et la cardère.

En cure ou en prévention, jamais plus de 2 mois

Les recommandations de Santé-Canada (ministère de la Santé canadien), concernant la posologie en utilisation préventive ou curative, sont de ne jamais dépasser plus de 8 semaines de traitement. En cas d’allergies saisonnières, des cures de 5 semaines avant l’arrivée des pollens sont recommandées. Pour les allergies de printemps, prévoir la cure en fin d’hiver, par exemple mi-février.

Mais toute cette liste de propriétés médicinales, qui n’est pas exhaustive, doit être complétée d’une contre-indication importante : les personnes souffrant d’une maladie auto-immune doivent absolument vérifier avec leurs médecins la compatibilité des molécules actives de l’échinacée avec leurs traitements réguliers.

L’échinacée est notre « marguerite » hivernale dont nous pouvons effeuiller les pétales estivales en disant : « Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément ! »

Copyright photo : Diego Delso, CC BY-SA 3.0.

 

 

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