Acteurs du changement
La phytothérapie moderne, guérir avec les plantes

La phytothérapie moderne, guérir avec les plantes

La phytothérapie se base sur des preuves scientifiques sans récuser la tradition.

Publié le 22.10.2018

Éric Lorrain est médecin phytothérapeute. Fort de son expérience, il enseigne la phytothérapie aux professionnels de la santé et préside l'Institut européen des substances végétales. Il nous éclaire sur sa spécialité.

En quoi consiste la phytothérapie clinique individualisée ?

C’est une démarche médicale et scientifique basée sur les connaissances actuelles. Au niveau international, des milliers d’études nous renseignent sur les propriétés des plantes et leurs effets sur certaines pathologies. Des revues francophones, comme La Phytothérapie ou La Phytothérapie européenne, publient ce type de travaux. L’Institut européen des substances végétales réalise un lourd travail pour répertorier les articles scientifiques les plus intéressants et mettre à disposition des professionnels de santé des connaissances actualisées. Car le savoir vernaculaire et la tradition ne suffisent pas. S’imaginer que la phytothérapie consisterait à boire de la tisane est une idée reçue. En somme, la phytothérapie moderne se base sur des preuves scientifiques, sans récuser pour autant la tradition.

S'imaginer que la phytothérapie consisterait à boire de la tisane est une idée reçue.

Comment se déroule une consultation ?

La première étape consiste à poser un diagnostic, grâce à un entretien et un examen clinique. Déterminer la maladie ou le trouble permet, dans un second temps, de trouver la ou les plantes qui peuvent correspondre. Par exemple, face à une maladie auto-immune, une plante comme la réglisse, dotée de propriétés modulatrices de l’immunité acquise, pourrait être indiquée. Autre possibilité : intervenir en prévention. Ce matin, par exemple, j’ai reçu une patiente qui souffrait d’un léger dysfonctionnement non traité de la thyroïde (hypothyroïdie frustre). La phytothérapie – en l’occurrence, le recours à l’avoine et à une algue riche en iode, laminaria digitata – nous permet d’intervenir en amont d’un dérèglement plus gênant, qui conduirait à la prescription d’hormones de synthèse.

Nous pouvons donc traiter à la fois une maladie, mais également le terrain, c'est-à-dire ce qui permet de s'adapter à un environnement et de retrouver un équilibre.

Comment se présente la plante prescrite par le phytothérapeute ?

Principalement sous forme d’extraits de plantes. Aujourd’hui, les modes d’extraction permettent d’obtenir des extraits standardisés (c’est-à-dire que les concentrations en molécules sont fixes, ndlr). C’est indispensable pour avoir des résultats reproductibles. Car il ne s’agit pas seulement de trouver la plante adaptée, mais aussi le bon extrait. Si on y arrive, on peut obtenir d’excellents résultats. Par exemple, une étude clinique, en comparant l’effet d’un extrait de 30 mg de safran à un médicament antidépresseur classique, la fluoxétine, a montré que le safran avait des effets aussi significatifs que la molécule de référence.

Comment trouver un phytothérapeute compétent ?

Première chose, se fier au bouche-à-oreille : se renseigner auprès de son entourage, demander à son pharmacien ou son médecin. L’Institut européen des substances végétales peut également diffuser, à la demande, les coordonnées de certains de ses adhérents. Ce sont des phytothérapeutes professionnels de santé (médecin, pharmacien, dentiste, sage-femme, etc.).

Comment s'articule cette approche avec la médecine conventionnelle (ou allopathique) ?

L’un des problèmes de la médecine allopathique, c’est qu’elle n’est pas adaptée à la prévention. La formation de médecins généralistes devrait inclure l’apprentissage de la pharmacologie végétale. Pour autant, il n’est pas question d’opposer ces deux approches. Elles sont complémentaires : associer phytothérapie et allopathie permet de disposer d’une panoplie complète pour intervenir à la fois en prévention et en traitement.

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