Modes de vie
« J’ai guéri grâce au yoga.»

« J’ai guéri grâce au yoga.»

J’ai guéri grâce au yoga

Publié le 16.10.2018 Claire Sergent

Le yoga est universel : peu importe l’âge, la corpulence, la souplesse et l’état de santé. S’il existe autant de types de yoga que de professeurs, une chose est certaine : le yoga peut soigner si l’on trouve la pratique qui nous correspond. Après le stress et l’anxiété, une nouvelle étude scientifique américaine publiée dans Psychological Medicine vient confirmer que la pratique du yoga réduisait la dépression sur le long terme. L'objectif de cette étude était de déterminer si le Hatha yoga était une intervention complémentaire efficace pour les personnes souffrant de symptômes dépressifs continus malgré le traitement antidépresseur. Pensées Sauvages a rencontré quatre personnes qui ont guéri grâce au yoga. Témoignages.  

 

Le yoga pourrait être comparé à la musique : aussi varié, aussi riche. Parmi les nombreuses formes de yoga, héritier lointain de l’ayurvéda, le Hatha yoga est sans doute le plus pratiqué et le plus connu en Occident. Il s’agit d’un yoga plutôt lent et doux qui offre une détente immédiate et agit sur le renforcement musculaire. Un autre type très pratiqué, car plus dynamique, est l’Ashtanga et sa variante plus libre, le Vinyasa, où les postures sont enchaînées et répétées. Il permet un travail cardio-vasculaire si l’on veut perdre du poids ou soigner des problèmes de dos, par exemple. Selon Delphine Bourdet, professeure de yoga et membre du comité des experts de Pensées sauvages : « Une même posture peut avoir des bienfaits osseux, musculaires, émotionnels, circulatoires et hormonaux. » Mais elle ajoute : « Chaque cas est particulier et tout dépend de l’énergie de chacun. » Une personne peut avoir besoin de plusieurs types de yoga. Par exemple, quelqu’un de fatigué devra plutôt pratiquer un yoga actif pour se redynamiser.

 

« La première porte d’entrée pour aller mieux est le corps. Le travail des postures agit directement sur le corps » explique notre experte. « Après vient le travail de l’esprit, à travers la méditation, puis il faut harmoniser les deux : le corps et l’esprit. » Une pratique plus poussée du yoga permet d’aller au-delà du simple mieux-être corporel, il s’accompagne d’un changement de philosophie. Pour Delphine Bourdet, également formée à la sophrologie et à l’hypnose, « les cours de yoga en groupe permettent de connaître les bases, mais une pratique hebdomadaire ne suffit pas ». L’inconvénient majeur de certains cours communs vient de l’esprit de compétition et de la volonté de se dépasser en effectuant à tout prix des postures avancées, en repoussant ses limites alors qu’on aurait au contraire besoin de lâcher prise, de se poser, de rester dans une posture 10 minutes. Pour Delphine Bourdet, « il faut amener la philosophie du yoga dans sa vie, en prenant par exemple l’habitude d’effectuer des étirements dans son lit, tous les soirs, avant de se coucher ou des exercices respiratoires. »

 

Grâce à des exercices de respiration, de médiation, des postures effectuées le matin ou le soir, parfois les deux, les personnes qui témoignent ont toutes fait l’expérience de ce mieux-être corporel et psychique. Elles n’ont pas souhaité détailler leur pratique car elles considèrent qu’il n’est pas possible de généraliser une pratique du yoga qui évolue et s’adapte aux besoins et à l’énergie propres à chacun.

Yoga, dépression et hernie discale

Jacqueline, 62 ans, pratique le yoga depuis 3 ans. Arrêt maladie pour dépression, divorce, sa fille de 38 ans diagnostiquée bipolaire, Jacqueline vivait dans un état de stress et d’angoisse permanents qu’elle n’arrivait plus à contrôler.

Depuis toujours, elle avait été attirée par le yoga et, à 59 ans, elle franchit le pas pendant son arrêt maladie. Très vite, la pratique du yoga – un cours hebdomadaire en groupe – lui a fait beaucoup de bien en diminuant son angoisse. Elle y oublie ses problèmes notamment grâce aux exercices de concentration qui lui permettent de profiter de l’instant présent. Grâce au yoga, elle reprend plus vite que prévu son travail de fonctionnaire à la trésorerie d’un centre hospitalier dans la région toulousaine. « Cela m’a aidée à canaliser mes émotions, raconte-t-elle, à comprendre qu’il était inutile que je culpabilise et qu’il fallait accepter la situation. Je vis plus dans le présent. Cela m’aide à mieux le supporter et à moins m’inquiéter de l’avenir. J’essaie de faire ce qu’il faut au jour le jour. »

Depuis un an, sa fille l’accompagne. Le yoga et la méditation qui en est indissociable l’aident aussi à mieux gérer et supporter sa maladie. L’un des autres grands bienfaits du yoga est corporel. Jacqueline est même surprise de la force, de la vitalité et de la souplesse qu’elle a retrouvées, alors qu’elle a subi une opération pour une hernie discale, il y a 10 ans. « Grâce au yoga, je porte ma petite-fille de 3 ans comme si de rien n’était. » La seule chose qu’elle regrette, c’est de ne pas s’être mise au yoga plus tôt.

Yoga et cystocèle (hernie de la vessie)

Sylvie, 48 ans, pratique le yoga depuis 2 ans. Installée en région parisienne, Sylvie est la mère de 4 enfants, âgés de 23 à 12 ans. Cette famille nombreuse peut expliquer son problème de déplacement de vessie hors du bassin, c’est du moins ce qu’on lui a dit quand on lui a diagnostiqué une cystocèle, il y a 2 ans. « Á cette époque, je le vivais comme un véritable handicap, explique Sylvie. J’étais tout le temps gênée, assise, debout et encore plus pour dormir. La douleur était permanente, comme si je souffrais d’une infection urinaire. J’étais vraiment très irascible. » Son mari, militaire de carrière, qui pratique le yoga depuis 15 ans, lui conseille de s’y mettre.

Depuis 2 ans, Sylvie pratique des exercices quotidiens et fait un bilan tous les 4 mois pour les adapter en fonction de ses progrès et de ses sensations physiques. Les progrès ont été lents même si, très vite, elle a ressenti les premiers effets et un certain mieux-être. « Rapidement, j’ai commencé à ne plus être obsédée par ce problème. Ça n’a l’air de rien, mais auparavant il ne se passait pas une seule minute sans que je ne pense à mon problème de vessie » se réjouit-elle. Pour arriver à cette sensation d’être aujourd’hui une autre femme, il a fallu du temps, de la patience : « Cela peut prendre, 3 mois, 6 mois, un an, et mes progrès n’ont pas été constants. Aujourd’hui, je sais comment respirer pour soulager mon périnée et je ne m’angoisse plus. Le yoga m’a aussi permis d’adopter une autre philosophie de vie. Non seulement j’ai retrouvé une vie normale mais en plus je me sens plus à l’écoute de moi-même et des autres. »

Yoga et maladie cardiaque

Hamid, 58 ans, fait du yoga depuis 3 ans. Chef d’une entreprise qui était en grande difficulté financière depuis quelques années, Hamid menait une vie très active et stressante dans la région parisienne. Un jour, il a décidé de prendre un cours de yoga, qui lui a beaucoup plu. Peu de temps après, il a dû subir des examens cardiologiques. Alors qu’il pensait mener une vie saine avec une alimentation équilibrée doublée d’une activité physique régulière, une intervention est devenue inévitable : un double pontage.

Pendant sa convalescence, la forte impression que lui avait faite son cours de yoga lui revient à l’esprit. Mais comme après une telle opération, le sport lui est interdit, même des postures de yoga, sa professeure lui conseille des exercices de concentration et de respiration. Alors que tous les soirs, il prenait un analgésique avant de s’endormir pour faire passer la douleur, en pratiquant ces exercices, il n’en ressentait plus le besoin. « Le yoga m’a permis de ne plus m’identifier à mon entreprise », explique Hamid. « Avant, je me confondais avec elle. J’avais investi la moitié des économies de ma famille et je refusais d’accepter la réalité d’une faillite. J’ai réussi à mettre à distance les événements contre lesquels j’étais impuissant pour profiter de l’instant présent. » Aujourd’hui, Hamid est en excellente santé et il enseigne le yoga depuis un an.

Yoga et ménopause

Sylvie, 55 ans, adapte du yoga depuis 15 ans. Professeure de yoga, Sylvie a été commerciale pendant 15 ans et a enseigné le marketing pendant 12 ans, en BTS. Encore aujourd’hui, il lui arrive de faire des interventions, de faire passer des oraux. Installée dans la région lyonnaise, Sylvie souhaite garder un pied dans cette vie même si elle enseigne le yoga à plein temps, depuis 2 ans.

Une opération de l’ovaire gauche a déclenché chez elle une ménopause précoce avec des effets assez violents. La ménopause présente plusieurs types de symptômes : les bouffées de chaleur, les changements d’humeur, sans oublier les douleurs articulaires et un sommeil plus difficile. Face à ces symptômes, Sylvie a décidé d’utiliser la technique du Sitali pranayama, un type de respiration du yoga qui aide à refroidir le corps. « Je la pratiquais pour apaiser mes bouffées de chaleur », explique la professeure de yoga.  « J’ai également eu recours à la méditation pour réguler mes problèmes hormonaux. Le mantra – la répétition d’un son mental et sonore – m’aide à apaiser mes émotions. Mais je ne voudrais pas que les gens s’imaginent que c’est une boîte à outils et qu’il suffit de faire tel exercice pour régler tel problème. Chacun est différent et doit trouver une pratique qui lui correspond. En adaptant ma pratique du yoga, je vis cette ménopause précoce de manière sereine et indolore. »

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