Acteurs du changement
Glacé d’horreur devant un insecte ou un animal ?

Glacé d’horreur devant un insecte ou un animal ?

Comment vous débarrasser de vos peurs paniques ?

Publié le 21.08.2018

Si vous êtes terrifié par un animal inoffensif – araignée, chat, souris, serpent, insecte – lisez les conseils du professeur Antoine Pelissolo pour ne plus céder à l’effroi. Vous pouvez vous débarrasser de cette phobie très fréquente, parfois handicapante, souvent gênante.

« Il est tout à fait possible de désapprendre une peur, car le cerveau a la capacité d’effacer des réflexes et de les remplacer par d’autres, mais uniquement grâce l’action, pas juste par la volonté ou la réflexion. »

Chaque fois que vous renoncez à une chose, mû par une peur irrationnelle, vous la renforcez. Avec le risque de ne plus pouvoir s’y confronter ultérieurement.

Dans son ouvrage Vous êtes votre meilleur psy, le médecin psychiatre Antoine Pelissolo explique les dysfonctionnements psychologiques plus ou moins sévères que nous sommes nombreux à éprouver et apporte des solutions pour y remédier par soi-même. L’idée ? Éviter que les difficultés ne s’accentuent avec le temps et ne deviennent de vrais handicaps.

 

Faire face à ses pires angoisses

« C’est en s’exposant réellement longtemps et de manière répétée à une situation, ce qui provoque du stress mais aucun dommage physique, que l’organisme enregistre une information nouvelle : cette situation n’est pas dangereuse », résume le médecin psychiatre dans son livre. Pour y parvenir, surtout si la phobie est ancienne et intense, il propose une méthode simple à mettre en œuvre et facile à mémoriser grâce à l’abréviation PLS : progressivement, longtemps, souvent.

Le secret de cette technique est d’établir une vraie confrontation avec le sujet de votre phobie, en étant pleinement conscient de l’endroit où vous êtes ou de ce que vous êtes en train de faire.

Progressivement, car il vaut mieux ne pas s’exposer tout de suite aux situations les plus angoissantes.

Longtemps, en attendant sur place le temps nécessaire pour que l’anxiété ressentie diminue sensiblement : c’est le signe que l’on commence à s’habituer à la situation.

Souvent, il faut la répéter et de nombreuses fois sur une longue durée, une seule exposition ne suffisant pas.

 

« La réhabituation doit se faire par étapes, en s’aidant d’un thermomètre interne permettant de suivre les variations de l’ascenseur émotionnel. Entraînez-vous à mesurer votre peur ou votre anxiété dans différentes circonstances sur une échelle allant de 0 à 10, comme on le fait pour la douleur. Le bon dosage pour éteindre une phobie est de s’exposer d’abord à une situation qui déclenche une peur que vous estimez environ 4 ou 5 sur 10 – assez forte mais supportable. »

Face à une situation délicate, le professeur Pelissolo recommande « d’attendre entre 15 et 30 minutes pour faire retomber le niveau d’anxiété de moitié et atteindre un niveau 2 ou 3. En répétant plusieurs fois l’exercice, le niveau d’anxiété déclenché va diminuer progressivement. Vous pourrez alors passer à une situation plus difficile, et ainsi de suite jusqu’à vous sentir à l’aise dans toutes les conditions ».

Un conseil important : « Il faut éviter les confrontations trop pénibles, car vous risquez de vous décourager et, à l’inverse, une situation trop facile ne produira aucun changement sur le fond. »

 

Se confronter à l’animal tant redouté

Pour combattre la zoophobie, il n’est pas forcément évident de se mesurer à l’animal. Il est possible, dans un premier temps, de travailler à partir d’une photo ou d’une vidéo avec un effort d’imagination pour bien ressentir la peur. « Une fois ce travail préliminaire effectué, il faut trouver un moyen de s’exposer régulièrement et assez longtemps à la vue puis au contact de l’animal. [Le médecin psychiatre conseille de] vous placer le plus possible en observateur de l’animal, comme si vous deviez étudier son apparence et son comportement. Même si vos peurs automatiques vous conduisent à penser qu’il pourrait vous “attaquer”, il faut vous extraire de cette position de proie potentielle que vous n’êtes pas et donc vous intéresser à l’animal, le découvrir et pouvoir ensuite le décrire à une autre personne. Pendant ce temps, pensez juste à respirer calmement pour ne pas augmenter votre tension nerveuse. »

 

Rire de ses peurs

Il s’agit de maîtriser un réflexe émotionnel pur, ultrarapide, qui existe chez tous les humains à la naissance pour se protéger contre un danger réel, mais qui a pu être mal interprété ou enregistré. Gardez à l’esprit que l’on ne meurt pas de peur. Vous ne risquez pas de perdre le contrôle de vous-même et encore moins de devenir fou.

Le médecin insiste sur l’importance « d’une attitude bienveillante envers soi-même et dédramatisante, car la phobie n’est en rien une tare dont vous seriez responsable et il faut parfois de la ténacité pour en venir à bout. L’humour et l’autodérision sont aussi des stratégies utiles. Mieux vaut rire de ses peurs plutôt que de culpabiliser et de leur obéir trop souvent ».

Pour en savoir plus :

Professeur Antoine Pelissolo, Vous êtes votre meilleur psy ! Allez mieux sans divan ni médicaments, éd. Flammarion, 2017.https://editions.flammarion.com/Auteurs/pelissolo-antoine

 

 

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