Décryptage
Le microbiote, ce merveilleux jardin intérieur à cultiver

Le microbiote, ce merveilleux jardin intérieur à cultiver

Des milliards de bactéries programmées pour nous garder en bonne santé.

Publié le 16.07.2018 Hortense Meltz, Anne-Charlotte Fraisse

Les nouvelles avancées scientifiques donnent de plus en plus d'importance à la qualité de notre flore intestinale. En effet, les liens entre pathologies et microbiote ne cessent d’être avérés. Ce qui fait de notre appareil digestif une priorité pour retrouver du confort et renforcer son immunité.

1 – Vous avez dit « microbiote » ?

Il existe en réalité plusieurs microbiotes : au niveau du vagin, de la bouche, des intestins… Le microbiote intestinal est l’appellation plus actuelle de la flore intestinale. Nombreux sont les médecins ou chercheurs qui le comparent à un grand jardin qui tapisse nos intestins. Cadeau de naissance (l’acquisition se fait déjà dès l’accouchement au contact de la flore vaginale de la maman), il faut y veiller, mais aussi l’entretenir tout au long de la vie. Il se compose d’environ 2 kg, soit plus de 40 000 milliards de micro-organismes (huit fois plus nombreux que les cellules de notre corps). Ce petit écosystème complexe et autonome héberge principalement des bactéries, mais aussi des virus, des champignons, des levures. Les aliments que nous ingérons nourrissent et déterminent la qualité de ce microbiote, dont la composition est comme une carte d’identité. Autant d’humains différents que de microbiotes différents. Le microbiote intestinal de chacun évolue perpétuellement en fonction de son mode alimentaire, de l’environnement dans lequel il vit, des traitements médicaux qu’il reçoit… Dernièrement, les progrès des techniques de séquençage génétique ont permis de mieux connaître les rôles du microbiote.

Des spécialistes de la digestion

Les micro-organismes de notre microbiote permettent l’assimilation des nutriments au niveau de l’intestin grêle, et la fermentation des résidus non digestibles au niveau du côlon. Ils ont également un rôle bénéfique sur la synthèse de nombreuses vitamines, l’absorption des acides gras, du calcium et du magnésium, ainsi que sur la dégradation de certaines protéines.

De vaillants petits gardes

Ces micro-organismes sont en première ligne de défense. En effet, leur présence empêche certains agents pathogènes d’origine alimentaire ou microbienne de s’installer dans notre organisme ou de s’y développer. De plus, ils stimulent l’ensemble du système immunitaire.

Un système hyperconnecté

L’intestin possède un système nerveux qui lui est propre, et qui lui vaut le nom de « petit cerveau », en connexion permanente avec notre « grand cerveau ». En effet, les bactéries intestinales, en sécrétant des métabolites, activent différentes cellules intestinales. Ce sont ces dernières qui envoient des informations au cerveau par des voies diverses (sanguine, immunitaire, endocrinienne ou nerveuse).

2 – Et s’il y a des déséquilibres ?

La qualité de notre microbiote tient à sa maturité et sa diversité, mais aussi à l’équilibre entre micro-organismes, qui n’est pas toujours facile à conserver. Un déséquilibre de la flore intestinale se nomme dysbiose. Certains signes peuvent alerter, comme des troubles de la digestion, une déficience en vitamines et minéraux essentiels, des problèmes de peau, une baisse de l’immunité…

Les coupables

– Une alimentation insuffisamment diversifiée, qui permet à certaines familles de bactéries de se multiplier au détriment d’autres espèces.

– Le stress qui, à cause de la sécrétion de cortisol, a un effet négatif sur le microbiote.

– Les médicaments, qui même s’ils sont utiles et parfois indispensables, altèrent la qualité du microbiote (surtout les antibiotiques à large spectre, qui ne font pas la différence entre les bonnes et les mauvaises bactéries).

– Les toxines en tous genres qui se cachent dans notre alimentation.

Les risques

Un microbiote altéré est un peu comme un terrain fragilisé, beaucoup plus à même de succomber à de nombreuses pathologies ou dysfonctionnements de l’organisme (maladies auto-immunes, maladies chroniques, dépressions…). Avant d’en arriver là, il faut prendre soin de son microbiote en se tournant vers certains aliments ou suppléments.

Un peu de vocabulaire…

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui viennent enrichir la flore intestinale (conditionnés en gélules, car ils se dégradent facilement). Les prébiotiques sont des substances favorisant le développement et le bon fonctionnement de la population bactérienne déjà implantée.

Les symbiotiques sont un mélange de probiotiques et de prébiotiques.

3 – Comment conserver ou rétablir un bon microbiote ?

De manière générale, il est préférable d’avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, ainsi que de limiter les substances toxiques qui sont nocives pour le microbiote :

– Les aliments transformés, appauvris en nutriments et contenant des huiles hydrogénées, des sucres raffinés… La solution : cuisiner le plus possible des plats simples avec des aliments sains. Évitez les sodas qui sont agressifs pour la flore.

– Les aliments contenant des produits chimiques (pesticides, additifs, colorants et conservateurs…). La solution : tournez-vous le plus possible vers le bio !

– Les médicaments en excès (antibiotiques, anti-inflammatoires…). La solution : privilégiez en première intention les médecines douces (acupuncture, phytothérapie, homéopathie…).

Des probiotiques naturels

Pour nourrir au quotidien son microbiote, rien de mieux que les produits fermentés. Les yaourts et le lait fermenté, évidemment, mais aussi la choucroute que l’on trouve facilement dans le commerce. Pour les autres légumes, c’est plus compliqué. Si la fermentation était autrefois un mode consommation courant, il avait presque totalement disparu… jusqu’à ce qu’il ne soit remis au goût du jour dernièrement. Vous aussi, lancez-vous et expérimentez la fermentation. Quand vous aurez fait votre réserve de bocaux de légumes fermentés, ne changez pas vos habitudes de jour au lendemain. Vos intestins ont besoin de s’habituer progressivement.

Des probiotiques en suppléments

Les propositions sur le marché sont nombreuses, c’est pourquoi il est préférable de demander conseil en pharmacie. Par souci d’efficacité, veillez à la puissance – au moins 8 milliards par dose – et préférez les souches Lactobacilius et Bifidobacterium.

À en croire le nombre d’expérimentations et de rapports, la communauté scientifique est en pleine ébullition sur ce sujet. En effet, mieux connaître la nature des relations du microbiote avec son hôte ouvrira des pistes d’application innombrables. Mais en attendant, à notre niveau, nous pouvons déjà constater les effets bénéfiques d’un microbiote en pleine santé.

Recevoir notre newsletter
Veuillez cocher la case Veuillez cocher la case Veuillez accepter de recevoir des informations Le recaptcha n'est pas correct Ce champ ne peut pas être vide Adresse email invalide