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Faut-il arrêter de nourrir votre animal avec des croquettes ?

Faut-il arrêter de nourrir votre animal avec des croquettes ?

Stopper l’arthrose, les calculs et l’anxiété avec des soins naturels

Publié le 26.06.2018 Propos recueillis par Hortense Meltz

Votre chat souffre de calculs urinaires et des cystites ? S'il suffisait simplement de changer son alimentation et de le soigner avec des plantes ? Rencontre avec le Dr Ariane Garber vétérinaire phytothérapeute et nutritionniste qui pratique depuis vingt ans une autre façon de soigner les animaux. Récits de guérisons spectaculaires chez nos compagnons à quatre pattes.

Comment avez-vous commencé à vous intéresser à l'alimentation des animaux ?

« Quand je suis sortie de la faculté, il y a 24 ans, j’étais passionnée par les chats. C’est pourtant un animal un peu frustrant pour un vétérinaire car il manifeste peu de symptômes. Le diagnostic est donc difficile à poser et, quand on lui donne un traitement, il ne le prend pas. Je me suis formée à l’alimentation, à la micro-nutrition – ce qui n’existait pas du tout à l’époque pour soigner les calculs urinaires chez le chat.

Et j’ai découvert qu’en agissant sur le pH, on réduisait les calculs urinaires et qu’en donnant beaucoup de protéines animales, on économisait le rein.

J’ai peu à peu pris conscience que la majorité des maladies était due, directement ou indirectement, à l’alimentation. C’est devenu mon cheval de bataille. J’ai donc pris mes distances avec le discours officiel.

En modifiant l’alimentation des chats et des chiens, j’ai beaucoup amélioré leur santé et c’est ainsi que, naturellement, je suis arrivée aux plantes.

Les plantes sont un outil supplémentaire mais, finalement, en gérant bien l’alimentation et en utilisant les plantes, il s’avère que l’on n’a plus trop besoin des médicaments classiques ! Je n’en utilise d’ailleurs presque plus.

Je souviens avoir reçu en consultation un dogue allemand, nerveux et hyperactif, qui se grattait. J’ai donné des conseils alimentaires et prescrit un petit drainage du foie et des reins à base de plantes. Et un mois tard, le propriétaire me téléphonait pour me dire que tout était résolu. »

L’ail est un vermifuge très efficace pour l’homme et le cheval, mais il est très toxique pour le chien et le chat !

Est-ce très différent de soigner un chat ou un chien et un homme ?

« Les animaux sont confrontés aux mêmes problèmes que nous avec la pollution, le stress, l’antibio-résistance, mais avec des paramètres plus aigus. Ils vieillissent plus vite, leur métabolisme est plus rapide.

Assez vite, ils amplifient les problèmes. Un cancer que nous allons mettre 20 ou 30 ans à développer sera effectif en 4 ou 5 ans chez un chat. C’est pour cela que c’est incroyable la facilité avec laquelle on peut rectifier les choses et les guérir.

Bien sûr, mais il faut être prudent, on ne soigne pas un chien ou un chat comme un homme. Surtout ne pas se dire : Si cela marche sur moi, cela fonctionnera sur mon animal.

L’ail, par exemple, est un vermifuge très efficace pour l’homme et le cheval, mais il est très toxique pour le chien et le chat ! Chez les carnivores, l’ail détruit les globules rouges et provoque une anémie hémolytique pouvant être grave, voir mortelle. Des cas d’accident sont régulièrement rapportés dans la littérature scientifique.

Tout vermifuge naturel à base d’ail destiné à un chien ou un chat est donc un poison potentiel. Il faut être attentif car certains fabricants en proposent à la vente. »

Pourquoi les croquettes sont-elles nocives ?

« C’est incroyable toutes les pathologies dont les croquettes sont responsables. Elles sont apparues il y a 50 ans mais, depuis 20 ans, on assiste à une explosion de la consommation. On a également basculé de la pâté aux croquettes. J’ai fait analyser la composition des croquettes : on y trouve plein de choses, des céréales, de la poudre d’insecte, du sucre, de l’amidon mais pas de trace de viande. Le chat et le chien ont été baptisés « animaux carnivores ». Il y a bien une raison à cela. Ils ont en effet besoin de protéines animales et de matière grasse animale de qualité.

Plusieurs livres sont sortis ces dernières années pour dénoncer les méfaits de cette nourriture industrielle : Toxic Croquettes ou Ce poison nommé croquette. Je viens, moi-même de publier sur le sujet Nos chiens et nos chats malades de leurs croquettes.

Les grands scandales alimentaires humains, comme celui de la vache folle, ont été utiles car les gens ont réalisé que l’on ne se gênait pas pour les empoisonner.

Les animaux qui vivent à la campagne sont plus à l’aise au niveau nutritionnel car un chat qui chasse une petite souris mange un peu de viande, même s’il a les parasites. Il complète ainsi sa nourriture à base de croquettes. »

Quels sont vos conseils pour donner à manger à nos animaux de compagnie ?

« Il faut repasser à une alimentation normale : mélanger des légumes coupés, des morceaux de viande, du jus de viande et des pommes de terre, auxquels on peut ajouter sans problème, si l’animal en a besoin, des poudres de plantes curatives.

Dans le passé, les chiens mangeaient de tout, cela fait souvent écho à beaucoup de souvenirs. On aura beau mettre toutes les plantes du monde, détoxifier le foie avec du chardon-Marie tant que l’on veut, si l’alimentation est mauvaise, le problème va recommencer. Il faut impérativement passer par l’étape alimentation. Je fais de la médecine préventive, j’aime que les animaux ne soient pas malades.

Mais si l’animal est malade, je le soigne principalement avec des poudres de plantes médicinales, plus rarement avec des crèmes à base d’huiles essentielles ou de sirop d’hydrolats.

Récemment, j’ai vu en consultation un cheval qui faisait de la diarrhée. C’est sérieux un cheval malade de la diarrhée : cela peut se transformer en colique. En plus, c’était une grosse jument. J’ai donné un mélange de plantes, le lendemain tout allait bien. Les résultats sont très rapides, aussi rapides que les médicaments mais sans les effets secondaires. En cas de fourbure, j’utilise aussi des plantes. J’ai arrêté les injections de cortisone, les anti-spasmodiques aussi. »

Finalement il y a peu de différence entre la phytothérapie et la micro-nutrition ?

« Oui, la phytothérapie et la micro-nutrition s’entremêlent. Quand j’utilise des plantes reminéralisantes comme la prêle (une de mes 6 super-plantes) pour les problèmes de tendons et de ligaments, je ne choisis pas une plante pour son action thérapeutique mais plutôt pour ses micro-nutriments. La frontière est parfois très fine.

Quand on donne des légumes ou des fruits à manger à son animal, on fait de la phytothérapie sans le savoir.

Les herbivores ont d’ailleurs tendance à s’auto-médiquer avec des plantes. Dans un élevage de chevaux, j’avais remarqué qu’un cheval avait tendance à aller manger à l’extérieur du champ, il se tordait le cou. Je suis allée voir et j’ai découvert qu’il mangeait du plantain, une plante connue pour soigner les allergies et les problèmes respiratoires, dont il souffrait. En revanche, je n’ai encore jamais rencontré un chien allergique qui mangeait du plantain. »

On mélange les poudres de plantes sèches à la nourriture. Les premiers jours, l’animal peut être réticent mais rapidement, il accepte volontiers. En général, une cure ne doit pas durer plus de 7 à 10 jours.

Pouvez-vous donner des conseils si on veut commencer la phyto de façon pratique, efficace et sûre ?

« Voici pour commencer 6 plantes que j’ai baptisées Super-plantes :

  • Cassis (Ribes nigrum) : anti-inflammatoire très puissant, protection vasculaire
  • Mélisse (Melissa officinalis) : action spasmolytique sur tous les muscles lisses
  • Chardon-Marie (Silybum marianum) : action sur le foie
  • Orthosiphon (Orthosiphon stamineus) : action sur les reins. Très important chez les carnivores dont c’est le vrai point faible. 30 % des chats souffrent d’insuffisance rénale.
  • Pissenlit (Taraxacum officinale): action dépurative foie et rein
  • Prêle (Equisetum arvense) : action reminéralisante

Il faut en avoir un petit stock chez soi car elles permettent de soigner beaucoup de maladies. On peut les utiliser sous forme de plantes sèches que l’on mélange à la nourriture. Les premiers jours, l’animal peut être réticent mais rapidement il accepte volontiers. Après 10 à 15 jours, l’animal recommence à rechigner. Mais en général, une cure ne doit pas durer plus de 7 à 10 jours. Si c’est une maladie chronique, on peut continuer le traitement 15 jours, voir une semaine sur deux en cas d’arthrose ou de processus dégénératif plus conséquent. À renouveler éventuellement pour les maladies chroniques comme l’arthrose.

Les mentalités évoluent. La demande est plus forte. Les gens réfléchissent, cherchent à faire de l’automédication à base de plantes. Les vétérinaires ne sont pas toujours très ouverts mais ils commencent à s’y intéresser. On va encore mettre probablement 5 ou 10 ans avant une prise de conscience généralisée. »

 

Le docteur Ariane Garber a mis à disposition sur son site des tutoriels, des fiches pratiques, des préparations à base de plantes adaptées à de nombreuses pathologies :

http://www.phyto-animaux.com/

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