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Comment cuisiner Italien et végane?

Comment cuisiner Italien et végane?

Découvrez la mozzarella sans lait

Publié le 12.03.2018 Anne-Charlotte Fraisse

Comment recréer les saveurs et les textures de l’Italie en version végane ? La question était cruciale pour cette jeune maman gourmande et passionnée. Angélique Roussel n’a pas toujours été auteure de recettes véganes. Passée par les ressources humaines, sa vie de créatrice culinaire a commencé en 2011 avec son blog, né de l’envie de partager ses recettes.

Comment devient-on, comme vous, auteure de livres de cuisine végétarienne ou végane ?

« Je pense que ma maman, qui cuisine beaucoup, m’a transmis très jeune le goût des bonnes choses. Les déjeuners du dimanche restent gravés : un grand plat, des accompagnements, des gâteaux élaborés, etc. J’ai été bercée par la cuisine faite maison !

J’habitais à la campagne et la viande faisait partie de tous les menus ! Mais vers 7 ans, j’ai réalisé que ces moutons, ces vaches, ces cochons, ces lapins que je croisais tous les jours en allant à l’école, je les retrouvais dans mon assiette. J’ai décidé d’arrêter d’en manger.

Décision qui n’a pas été du goût de mes parents, qui pensaient qu’être végétarien (ndlr : supprimer de son alimentation la chaire animale) était une forme d’hérésie risquée pour ma santé. Ils se demandaient presque ce qu’ils avaient raté dans mon éducation ! J’étais traumatisée par la viande rouge, alors je la cachais dans mes poches pour la jeter aux toilettes. Petit à petit, j’ai réussi à obtenir un œuf au plat à la place du steak qui me dégoûtait : ce fut une belle victoire.

Lorsque j’ai pris mon envol, j’ai pu cuisiner selon mes goûts et j’ai eu envie d’aider les gens qui voulaient devenir végétariens et qui ne savaient pas toujours par où commencer. C’est à ce moment que j’ai créé mon blog « La gourmandise selon Angie ».

J’ai toujours le cœur fendu par l’élevage industriel quand je regarde des reportages, et petit à petit j’ai retiré le lait (c’était le plus facile à remplacer !) puis les autres sous-produits animaux. Le blog a naturellement évolué de végétarien à végan (ndlr : alimentation sans produits et sous-produits animaux). Pour rédiger et présenter mes recettes, j’ai tout appris sur le tas. Je n’ai pas de formation de cuisinière, ni de photographe : c’est en faisant que j’ai appris ! Mon premier livre, Végan et sans gluten, a été publié en 2016. »

C’est encore difficile de faire accepter ses choix et préférences alimentaires lorsque l’on est végétarien ?

« Avec le père de ma fille, au début, je me suis cachée d’être végétarienne. Au moment où l’on s’est installé ensemble, un changement s’est produit, puisque, aujourd’hui, il ne consomme plus du tout de viande à la maison. Cela fera bientôt 10 ans qu’on est ensemble et, petit à petit, il a modifié son alimentation : il est passé de plats carnivores deux fois par jour à une fois par jour, puis plus du tout à la maison.

Ma fille n’en mange plus à la maison, elle choisit ce qu’elle mange à la cantine mais elle semble déjà avoir une préférence pour l’alimentation végétale.

Les mentalités évoluent. Même mes parents oublient la charcuterie le temps d’un repas chez moi. »

Pouvez-vous nous raconter les coulisses de fabrication de votre livre ? Comment avez-vous eu l’idée d’un livre de recettes italiennes ?

« Ma belle-mère est italienne, mon conjoint adore cette cuisine. Je suis donc partie de l’idée de réhabiliter et de revisiter les grands classiques de la cuisine italienne en version végane, donc sans œufs ni produits laitiers ou animaux. Ce sont vraiment des saveurs que tout le monde apprécie et il est facile de réunir les carnivores, les omnivores et les végans autours de ces plats conviviaux ! Bien entendu, le fromage est essentiel dans cette cuisine, et c’est la création de la mozzarella (remplacer le lait de bufflonne par de la boisson végétale de type amande, riz ou soja) qui m’a demandé le plus de travail : plus de trois essais ratés pour arriver à la recette finale ! Cette mozzarella demande du temps, mais une fois fabriquée, on peut la garder au frigo emballée dans du film alimentaire et en faire à l’avance, voire même essayer de la congeler.

La ricotta me trottait dans la tête depuis longtemps. J’ai trouvé assez vite un goût et une texture qui me plaisaient sans utiliser de lait animal. Quant aux pâtes, élément de base de beaucoup de plats, j’avais déjà l’habitude d’en faire depuis longtemps sans œufs !

Les partenaires de mon blog sont venus à moi, et après la naissance de ma fille, c’est devenu un vrai travail. Avant, je travaillais dans les ressources humaines. J’adorais mon job mais il était très chronophage et j’avais envie de passer plus de temps avec elle. À la suite d’une mutation de mon conjoint, j’ai arrêté et, depuis deux ans, je me consacre à la cuisine. »

 

"Pour vous mettre l'eau à la bouche, pensées-sauvages partage avec vous la recette de ricotta vegan"

RICOTTA À L’AMANDE

Pour 250 g de ricotta

150 g d’amandes

1 c. à café (5 g) de levure maltée

1 c. à soupe de citron

1 c. à soupe d’huile de coco fondue

2 c. à soupe de lait d’amande non sucré

Sel

Faire tremper les amandes dans un bol d’eau minérale ou filtrée pendant 8 heures minimum (12 heures maximum).

Égoutter et rincer les amandes. Les placer dans le bol d’un blender et mixer avec le reste des ingrédients et 1 pincée de sel.

Mixer jusqu’à obtenir une texture lisse. Si la crème est trop sèche, ajouter 1 ou 2 cuillerées à soupe de lait d’amande.

Verser le mélange obtenu dans un moule à faisselle, appuyer pour bien tasser à l’aide d’une cuillère et laisser s’égoutter encore un peu.

Démouler et assaisonner selon vos goûts : huile d’olive, vinaigre balsamique, poivre.

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