Modes de vie
Nos mails polluent la planète

Nos mails polluent la planète

Comment devenir écolo du courrier électronique

Publié le 13.11.2017 Anne de Labouret, pharmacienne

Sans que nous en ayons conscience puisqu'ils sont dématérialisés, nos courriers électroniques sont réellement « polluants ». Nos activités sur Internet ne sont pas neutres sur le plan énergétique: le numérique représente actuellement 2 % des émissions de gaz à effet de serre [1], un pourcentage qui ne cesse d'augmenter.

 

Lorsque vous envoyez un mail à un correspondant, aussi proche soit-il, votre message transite par les centres de données (data centers) qui peuvent se trouver dans des points éloignés du globe. Lorsque vous les sauvegardez (même sans les lire), ces mails sont stockés… toujours dans les centres de données. Ces bâtiments très sécurisés accueillent des milliers de serveurs, hautement consommateurs en énergie car ils fonctionnent et ont besoin d’être refroidis en permanence. D’après le cabinet Xerfi, l’Île-de-France comptait à elle seule 56 centres de données sur un total de 156 basés en France en janvier 2016. L’impact environnemental est loin d’être négligeable.

Chaque mail a un impact énergétique significatif

Toujours selon l’ADEME, un mail de 1 Mo envoyé à une personne et stocké pendant un an entraîne l’émission de 20 grammes d’équivalent CO2. Il suffit de mettre 10 destinataires en copie de ce mail pour multiplier par 4 son impact climatique.

Si l’impact individuel peut paraître faible, il faut le replacer dans le contexte de croissance numérique mondiale : en 2015, 204 milliards de mails (hors spams) ont été envoyés chaque jour dans le monde. Quant aux spams et newsletters, ils explosent le flux des mails. Cette multiplication génère une empreinte environnementale considérable.

Selon une étude menée fin 2015 par le cabinet Carbone 4, l’énergie utilisée pour stocker 30 mails équivaut à laisser allumer une ampoule basse consommation pendant 24 heures.

En outre, l’impact climatique des mails augmente sensiblement avec le poids des pièces jointes, le nombre de destinataires et leur temps de stockage.

Être connecté et écolo, ça se travaille :

A eux seuls, les spams et les newsletters représentent 80 à 90 % des mails que nous recevons… Or nous n’ouvrons que 10 % d’entre eux. Voici quelques conseils pour diminuer votre empreinte écologique au bureau et à la maison.

  • Si ce n’est déjà fait, installez un filtre anti-spam sur votre ordinateur.
  • Lorsque vous envoyez ou répondez à des mails, ciblez les destinataires de vos messages.
  • Optimisez le poids des pièces jointes en les comprimant au besoin. Quand vous n’en avez plus besoin, pensez à supprimer les mails envoyés ou reçus qui contiennent des pièces jointes de taille importante.
  • Avez-vous vraiment besoin d’amasser les mails ? Un grand nombre des messages que vous gardez ne vous serviront jamais. Faites un grand tri des mails inutiles que vous stockez dans votre boite mail et pensez à jeter quotidiennement ceux qui n’ont plus d’intérêt une fois que vous les avez lus.
  • Videz régulièrement votre corbeille.
  • Enfin, supprimez les newletters inutiles. Pour ce faire, vous pouvez vous aider de l’un de ces trois services gratuits : cleanfox, unroll.me ou freeyourinbox.

Et si vous ne le faites pas pour la planète, faites-le pour votre smartphone ! Les mails inutiles réduisent également l’autonomie de sa batterie. Au travail !

[1] * Internet, courriels, réduire les impacts, février 2014, ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

 

Recevoir notre newsletter
Veuillez cocher la case Veuillez cocher la case Veuillez accepter de recevoir des informations Le recaptcha n'est pas correct Ce champ ne peut pas être vide Adresse email invalide