Décryptage
Prenez vos articulations en main

Prenez vos articulations en main

Les solutions naturelles contre l’arthrose

Publié le 16.10.2017 Annie Casamayou, naturopathe

Il est tout à fait possible de soulager naturellement les douleurs articulaires et de retrouver de la mobilité. Les plantes, l’activité physique et l’alimentation font partie intégrante du traitement. Êtes-vous prêt à revoir votre hygiène de vie de fond en comble ?

Pourquoi les articulations font-elles mal ?

Ce qu’on appelle arthrose n’est autre que l’usure du cartilage. On a longtemps pensé qu’il était inéluctable, en vieillissant, de souffrir de douleurs articulaires, mais on sait aujourd’hui que la dégradation du cartilage est la conséquence d’un état inflammatoire chronique. Et que l’arthrose est avant tout une maladie de terrain.
Le cartilage, comme tous les tissus de l’organisme, est en constant remodelage. Normalement, des cellules spécialisées, les chondrocytes, sont chargées de générer du cartilage neuf, mais aussi d’activer les enzymes qui détruisent l’ancien. Dans le cas de l’arthrose, les chondrocytes sont victimes d’une inflammation et s’emballent. Ils s’épuisent et deviennent incapables de renouveler le cartilage, tandis que la destruction des cellules existantes s’accélère. Résultat : le cartilage se détériore progressivement, entraînant douleur et raideur dans l’articulation concernée, les deux grands signes de l’arthrose.

Pourquoi les articulations s’enflamment-elles ?

À l’origine de l’inflammation des chondrocytes, l’hérédité n’est vraiment pas l’élément prépondérant. Même si vous venez d’une famille d’arthrosiques, d’autres facteurs ont une influence décisive :

– Un traumatisme : fracture, entorse, mouvement répétitif, mauvaise position, etc.
– Le surpoids : il surcharge en particulier les articulations des genoux et des hanches.
– La sédentarité : le cartilage est moins bien oxygéné et moins bien nourri.
– Des erreurs alimentaires : elles favorisent un état inflammatoire sournois.

Le problème est qu’on intègre un cercle vicieux dès que le cartilage commence à se dégrader. Des débris apparaissent, les chondrocytes répondent par de nouvelles molécules inflammatoires, l’inflammation se poursuit et devient chronique, touchant tous les éléments en lien avec l’articulation (membrane synoviale, capsule, insertion ligamentaire, os, etc.).

Faut-il arrêter le sport quand on a de l’arthrose ?

Non, c’est exactement le contraire ! Le cartilage baigne dans une petite quantité d’un gel visqueux, la synovie, qui lui apporte les éléments nutritifs dont il a besoin. Pour que la synovie circule et imprègne correctement le cartilage, il n’y a qu’une chose à faire : exercer des pressions, c’est-à-dire actionner les articulations.

Pratiquer une activité physique est de très loin la meilleure prévention contre l’arthrose. Si vous êtes atteint d’arthrose, il faut surtout continuer à bouger, en adaptant évidemment votre activité à vos capacités : méthode Pilates, marche nordique, aquagym, yoga, ski de fond, gymnastique douce, golf, etc. Le mouvement, c’est la vie !

Quand ça fait mal, quelles sont les plantes les plus efficaces ?

Au-delà des médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) qui peuvent se montrer agressifs pour l’estomac, on peut se tourner vers les plantes. Contrairement aux idées reçues, la phytothérapie est très puissante, même pour atténuer une poussée de douleur aiguë, à condition de choisir un extrait concentré de qualité et d’adapter la posologie. Consultez votre médecin afin de choisir le traitement le plus adapté.
Lors d’études scientifiques, l’harpagophytum (Harpagophytum Procumbens), une plante originaire d’Afrique, a démontré une efficacité équivalente aux AINS ; elle a fait régresser les douleurs articulaires de 25 % à 45 % et a diminué la raideur. [1]

. Elle agit aussi sur l’évolution de la maladie puisqu’elle abaisse le niveau inflammatoire et réduit les enzymes qui détruisent le cartilage.

Si la crise est très douloureuse, on peut y associer un extrait d’écorce de saule blanc (Salix Alba), dont le principe actif est l’acide salicylique, à l’origine de l’aspirine.
Ces deux plantes, harpagophytum et saule blanc, agissent en synergie et les améliorations sont constatées en quelques jours seulement.
Selon l’atteinte, il peut être intéressant de renforcer l’action anti-inflammatoire avec de la curcumine, la molécule active du curcuma, qui a un effet protecteur sur les articulations. La curcumine est toutefois peu assimilable par l’intestin et l’ajout de poivre noir pour renforcer son absorption la rend irritante. Pour profiter pleinement de ses bénéfices, choisissez des phospholipides de curcuma.

L’homéopathie, efficace contre les arthrites et les crises de goutte ?

La goutte est caractérisée par un excès d’acide urique qui peut provoquer de violentes douleurs sur une ou plusieurs articulations. Lors des poussées inflammatoires, certaines plantes présentent une grande complémentarité pour drainer les toxines et soulager l’articulation douloureuse.
Le colchique (Colchicum Autumnale) est une petite plante dont le bulbe renferme des composés anti-inflammatoires précieux, mais qui peut être toxique. Pour ne prendre aucun risque, il est préférable de l’utiliser sous une forme d’une teinture mère (macération d’une plante dans l’alcool) diluée sous la forme d’un remède homéopathique. Ses principes actifs, la colchicine et la quinine, freinent l’inflammation, apaise la douleur et relâche les muscles. [2]

Toujours sous la forme homéopathique, le bouleau (Betula Alba) possède des propriétés diurétiques, dépuratives et anti-inflammatoires. Le gui (Viscum Album) est aussi un excellent draineur. Et la bryone (Bryonia Alba)  est indiquée pour traiter et soulager les articulations douloureuses.

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Comment soigner localement l’articulation douloureuse ?

Certaines huiles essentielles offrent des propriétés antalgiques et décongestionnantes remarquables. Parmi celles-ci, la gaulthérie est l’une des plus intéressantes, car elle contient une proportion très importante de salicylate (précurseur naturel de l’aspirine). Elle ne s’emploie jamais pure, mais seulement diluée à 20 % dans une huile végétale. Pour renforcer son action, voici une synergie antalgique et échauffante à préparer dans un flacon de 30 ml :

– 5 ml d’HE de gaulthérie couchée (Gaultheria Procumbens)
– 3 ml d’HE d’eucalyptus citronné (Eucalyptus Citriodora)
– 2 ml d’HE de lavandin (Lavandula Burnatii Super)
– 20 ml d’huile végétale de nigelle

Appliquez quelques gouttes sur l’articulation concernée 4 à 5 fois par jour.

Existe-t-il une alimentation anti-arthrose ?

Les plantes sont très efficaces, mais elles ne permettent pas d’agir à long terme sur l’arthrose. Il faut également adopter une nouvelle hygiène alimentaire.

En prévention, la diète méditerranéenne a démontré des effets protecteurs. Elle comprend énormément de végétaux riches en éléments alcalinisants et antioxydants : surtout des légumes, mais aussi des fruits, des céréales, des oléagineux, des légumineuses, des bonnes graisses comme l’huile d’olive, du poisson, un peu de fromage de chèvre et un tout petit peu de viande.

Pour combattre une arthrose qui s’installe et stopper son évolution, le Pr Seignalet a mis au point un régime hypotoxique devenu incontournable. Il a permis à 94 % de ses patients d’obtenir des améliorations nettes, voire spectaculaires pour certains d’entre eux :

  1. Bannir les laits d’origine animale – vache, brebis et chèvre – et leurs dérivés : beurre, yaourt, fromage, crème et tous les produits à base de lait.
  2. Exclure toutes les céréales contenant du gluten : blé, orge, avoine, seigle et maïs. Préférer le riz, le sarrasin, le millet et le sésame.

Le lait et le gluten peuvent, chez certaines personnes, se comporter comme des poisons pour l’organisme et maintenir un état inflammatoire chronique silencieux. Si vous associez à cette privation une abondance de légumes crus ou cuits à la vapeur, vous vous assurez de retrouver des articulations en bon état. Pour renforcer les bénéfices :

  1. Limiter les aliments cuits à température élevée qui génèrent des AGE, des molécules pro-inflammatoires : barbecue, friture, grillade, cocotte-minute. Préférer les cuissons douces, en dessous de 110 degrés, à la vapeur, à l’étouffée ou à l’eau.
  2. Exclure les charcuteries.
  3. Ne consommer que des huiles vierges de première pression à froid d’olive, de colza ou de lin. Bannir les huiles raffinées, l’huile de tournesol et de maïs.
  4. Réduire les aliments industriels, en particulier le sucre blanc et les aliments à index glycémique élevé (pommes de terre, céréales raffinées, galettes de riz, etc.).
  5. Limiter la consommation de sel.

Pour renforcer l’effet anti-inflammatoire et antioxydant de votre alimentation, il existe deux épices remarquables : le gingembre et le curcuma. Il est facile d’ajouter une cuillère à café de poudre de curcuma dans vos aliments, tandis que le gingembre s’intègre de multiples façons : infusion stimulante de copeaux le matin, râpé dans les crudités et les plats, etc.

La vitamine D est-elle nécessaire ?

Elle est même fondamentale pour le cartilage. Si vous êtes en déficit de vitamine D, la progression de l’arthrose s’accélère fortement. En été, exposez-vous suffisamment au soleil. Entre octobre et avril, il n’y a pas d’autre choix que de se supplémenter ou de partir en vacances au soleil.

Un cartilage abîmé peut-il se reconstituer ?

Difficilement, mais une bonne alimentation contribuera à réduire les douleurs. Il faut y associer une pratique physique adaptée et favoriser directement la reconstitution du cartilage par un traitement de fond conseillé par un professionnel de santé, par exemple à base de glucosamine et de chondroïtine, deux constituants du cartilage. La dose efficace de glucosamine est de 800 mg par jour, celle de chondroïtine de 1200 mg par jour. En les associant, après six mois, il est scientifiquement démontré que le cartilage abîmé est réparé chez 80 % des personnes. [3]

 

Recommandations :
Ces conseils ne dispensent pas de prendre un avis médical. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin. Gardez en tête que les plantes médicinales peuvent avoir des interactions avec d’autres médicaments. Signalez toute prise de plantes ou médicaments à votre médecin.
[1] T. Wegener et N. P. Lüpke, Treatment of patients with arthrosis of hip or knee with an aqueous extract of devil’s claw (Harpagophytum Procumbens DC.), Phytother Res., 17 déc. 2003
[2] Michel Guermonprez, Madeleine Pinkas et Monique Torck, Matière médicale homéopathique, Boiron, rééd. 2009 ; Denis Demarque, Jacques Jouanny, Bernard Poitevin et Yves Saint-Jean, Pharmacologie et matière médicale homéopathique, CEDH, rééd. 2009 ; Jean Bruneton, Pharmacognosie. Phytochimie. Plantes médicinales, Tec & Doc Lavoisier, rééd. 2009
[3] Chao Zeng, Jie Wei, Hui Li, Yi-lun Wang, Dong-xing Xie, Tuo Yang, Shu-guang Gao, Yu-sheng Li, Wei Luo et Guang-hua Lei, Effectiveness and safety of glucosamine, chondroitin, the two in combination, or celecoxib in the treatment of osteoarthritis of the knee, publié en ligne le 18 nov.
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