Modes de vie
Faire voir autrement le jardin potager

Faire voir autrement le jardin potager

Les artistes et le potager

Publié le 11.09.2017 Hortense Meltz

Images anciennes, peintures, gravures, sculptures racontent comment le jardin de subsistance a toujours été le témoin de son époque, le reflet des valeurs de la société. Le Jardin potager : un petit monde, une exposition à découvrir jusqu’au 5 novembre à Épinal.

 

Avec les guerres du XXe siècle, l’entretien des potagers devient essentiel à la survie de la population. Chacun participe à l’effort de guerre en cultivant choux ou rutabagas… Puis le potager tombe en désuétude après la Seconde Guerre mondiale avec l’invention du supermarché.

Depuis une dizaine d’années, on assiste à sa renaissance avec la multiplication des jardins communautaires, familiaux ou scolaires. « Face aux crises et scandales alimentaires, notre société découvre le besoin de maîtriser ce qu’elle mange et fait revivre les potagers. Les jardins sur les toits s’inventent, explique Martine Sadion, commissaire de l’exposition Le Jardin potager. Si se nourrir mieux est l’argument majeur de ce renouveau, le besoin de partager et de nouer des liens est aussi un puissant moteur de ces nouvelles pratiques. Les combats pour la biodiversité, les semences paysannes, la production bio se mènent dans les potagers. » On y découvre ainsi grâce à des photos, les expériences de ces jardins potagers militants comme la ferme de la Bourdaisière, le jardin de Jean-Marie Pelt à Metz, les Jardins de Cocagne de Thaon-les-Vosges.

Mais l’exposition commence avec la Bible, quand Dieu chasse Adam et Ève du jardin d’Éden, le potager merveilleux. L’exposition parcourt ensuite toute l’histoire de l’art, même si le motif du potager est assez rarement traité, sans doute pas assez noble pour les artistes : des représentations du Christ en jardinier, des images de dévotion au portrait de saint Fiacre, patron des jardiniers, jusqu’aux artistes contemporains comme la photographe finlandaise Sanna Kannisto qui photographie des légumes comme des êtres vivants.

« Les légumes, d’autres nous-mêmes ? s’interroge Martine Sadion. Plus qu’avec d’autres espèces végétales, l’homme cultive une très forte proximité avec les légumes du potager. La vie au jardin est comme la nôtre : les tomates voisinent bien avec les poireaux, sont protégées par les œillets d’Inde et détestent la proximité des haricots. Elles subissent les attaques de maladies comme le mildiou, n’apprécient pas trop de pluie… »

Le Jardin potager : un petit monde, jusqu’au 5 novembre, musée de l’Image à Épinal (Vosges).

Image de couverture : Le jardin au printemps, image offset éditée entre 1953 et 1966 par la Coopération pédagogique, Nalliers, coll. Musée de l’image, cliché H. Rouyer
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