Acteurs du changement
Les usages des plantes médicinales à travers le monde

Les usages des plantes médicinales à travers le monde

Une formation d’ethnopharmacologie à Metz

Publié le 04.09.2017 propos recueillis par Hortense Meltz

Il s’agit d’une formation unique en France qui croise les recherches sur les plantes médicinales traditionnelles et les médecines au XXIe siècle. Sa spécificité est l’attention portée au lien entre l’efficacité de la plante, ou du médicament, et son contexte social et culturel qui participe lui aussi au soin. Rendez-vous à Metz à partir du 4 septembre pour un cycle de formations et le samedi 9 septembre pour une journée de conférences destinées au grand public. Rencontre avec Déborah Kessler-Bilthauer, chargée de mission à la société française d’éthnopharmacologie.

Pensées Sauvages : Qu’apprend-on à une formation et à une conférence d’ethnopharmacologie ?

Déborah Kessler-Bilthauer : « L’ethnopharmacologie associe l’ethnologie et la pharmacologie. Elle étudie les médecines traditionnelles et leurs plantes médicinales à travers toutes les cultures. Nous allons raconter comment on se soigne aujourd’hui au Mali ou au Tibet mais aussi en Lorraine, dans les Vosges ou en Haute-Provence.

Très schématiquement, un programme d’ethnopharmacologie mis en œuvre dans une région particulière se déroule en trois temps :

― un travail de terrain destiné à recenser les savoirs thérapeutiques, notamment les traditions orales ;

― un travail d’analyse en laboratoire visant à évaluer l’efficacité thérapeutique des remèdes traditionnels ;

― et enfin un programme de développement de médicaments traditionnels préparés avec des plantes cultivées ou récoltées localement.

La société française d’ethnopharmacologie valorise ces richesses naturelles et culturelles pour permettre  d’intégrer les savoirs et les pratiques thérapeutiques locales et traditionnels dans les systèmes de santé selon les recommandations de l’OMS. À travers la pluralité des soins pratiqués à travers le monde, on essaye de dégager les fondements communs des médecines traditionnelles. Cette volonté de redécouvrir et évaluer l’efficacité de l’utilisation traditionnelle des plantes est portée depuis 20 ans par la société française d’ethnopharmacologie. »

 

Donner des outils méthodologiques pour mener des projets de valorisation et de développement de thérapeutiques par les plantes.

À qui s’adresse cette formation ?

« La journée de colloque “Se soigner par les plantes” le samedi 9 septembre est destinée à tous les curieux des usages et des traditions des plantes. La formation, elle, se déroule la semaine précédent le colloque pendant 3 ou 6 jours. Si elle ne nécessite pas de diplôme, chaque année les participants sont principalement des docteurs en pharmacie, en médecine ou en sciences humaines et, bien sûr, des passionnés des plantes.

Son but est de donner des outils méthodologiques pour mener à bien des projets de valorisation et de développement de thérapeutiques par les plantes et d’évaluer l’intérêt thérapeutique des plantes d’usage traditionnel. Les intervenants viennent d’horizons très différents : pharmacien, médecin phytothérapeute, médecin ethnobotaniste, ethnologue, psychologue, etc. Nous avons séparé l’aspect ethnologique avec son approche sciences humaines et sociales et l’aspect pharmacologie où l’on fait appel à la chimie pour mesurer l’efficacité des plantes. »

Poison de flèche des Gaulois, l’if est très toxique. Il induit des nausées pouvant provoquer un arrêt respiratoire. On extrait de ses feuilles des alcaloïdes qui seront modifiés pour préparer des médicaments anticancéreux.

Il sera possible de visiter le jardin des plantes médicinales et toxiques en plein cœur de la ville de Metz dans un cloître franciscain du XIIIe siècle où est installée la société française d’ethnopharmacologie.

« Le Jardin des Simples (plantes médicinales) du cloître des Récollets présente une collection de plus de 80 espèces différentes. Le premier jardin présente des plantes classées en fonction de leurs indications thérapeutiques principales et officielles publiées par l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM). On peut y découvrir les plantes utilisées contre la constipation (le lin, la rhubarbe, la bourdaine), les plantes aux propriétés antidépressives (le millepertuis), les plantes diurétiques (la piloselle, la busserole ou le fenouil), les plantes utilisées dans les troubles digestifs (la coriandre, l’origan, la verveine odorante, la chicorée, l’estragon, l’aneth, le carvi, la menthe poivrée et l’angélique officinale)… et bien d’autres.

Le deuxième jardin est celui des plantes toxiques. Il présente les plantes dangereuses qui servent de matière première à la pharmacie pour préparer des médicaments. Poison à fortes doses, elles contiennent des substances qui, à faibles doses, deviendront des médicaments prescrits par les médecins. Toxique pour le cœur, la digitale fournit la digoxine, un cardiotonique à très faible dose. Poison de flèche des Gaulois, l’if est très toxique. Il induit des nausées pouvant provoquer un arrêt respiratoire. On extrait de ses feuilles des alcaloïdes qui seront modifiés pour préparer des médicaments anticancéreux prescrits en milieu hospitalier. Ou encore le célèbre pavot somnifère. Cette plante d’origine asiatique, aux fleurs violet clair, forme des capsules qui, incisées, libèrent un liquide blanchâtre qui brunit à l’air et forme l’opium. L’opium renferme de la morphine le plus puissant antidouleur connu, prescrit par les médecins, ainsi que de la codéine, présente dans des médicaments contre la toux et la douleur.

Pour en savoir plus :

La formation continue en ethnopharmacologie appliquée peut se suivre de différentes manières :

― la semaine complète du 4 au 9 septembre : 5 jours (journée colloque comprise)

― module 1 : lundi 4, mardi 5 et mercredi 6 septembre (journée colloque comprise)

― module 2 : mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 septembre (journée colloque comprise)

― le colloque : samedi 9 septembre

Les 35 heures de cours se dérouleront au Grand Grenier du cloître des Récollets, 1 rue des Récollets, à Metz, du lundi 4 au samedi 9 Septembre 2017. Pour faire financer votre formation, la SFE possède un numéro de déclaration d’activité de formation qui permet d’être éligible aux différents financements de la formation continue. Pour toutes informations, adressez-vous à votre OPCA.

Toutes les informations sont disponibles sur le site de l’association : www.ethnopharmacologia.org

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