Modes de vie
Pourquoi toutes les femmes enceintes souffrent-elles d’insuffisance veineuse?

Pourquoi toutes les femmes enceintes souffrent-elles d’insuffisance veineuse?

La grossesse, une période à risques

Publié le 09.05.2017 Jacques Pothier, pharmacien et botaniste

Ce que l’on désigne habituellement par « jambes lourdes » est en réalité un trouble de la circulation sanguine. Les douleurs, les hémorroïdes, les fourmillements, les œdèmes ou les varices révèlent un mauvais retour du sang dans les veines des jambes. Pourquoi la grossesse est-elle une période à risques?

 

Ce que l’on désigne habituellement par « jambes lourdes » est en réalité un trouble de la circulation sanguine. Les lourdeurs dans les jambes, les douleurs, les fourmillements, les démangeaisons ou un gonflement provoquant un œdème révèlent un mauvais retour du sang dans les veines des jambes.

On estime qu’entre 18 et 22 millions de Français souffriraient d’insuffisance veineuse, soit un tiers de la population adulte. La moitié présenterait des varices apparentes. D’autres personnes seront affectées par la maladie hémorroïdaire.

Toutefois, cette maladie touche bien plus de femmes que d’hommes : une femme sur deux est concernée, contre un homme sur quatre.

La grossesse est une période particulièrement à risques. Le taux d’hormones d’une femme enceinte s’élève de façon exceptionnelle, atteignant jusqu’à cent fois les taux normaux. Ce bouleversement favorise la coagulation du sang et la dilatation des veines, tandis que l’augmentation du volume de l’utérus comprime les veines de l’abdomen et rend le retour veineux plus difficile.

Ainsi 10 à 20 % des femmes enceintes souffrent d’insuffisance veineuse. Des chiffres en augmentation dans les pays occidentaux. Et plus la femme est âgée, plus les grossesses sont nombreuses, plus les troubles s’aggravent. Lors de la première grossesse, le risque de varices et de télangiectasies (on désigne ainsi les petits vaisseaux violacés ou rouges visibles à la surface de la peau) est d’environ 20 %, puis il passe à 30 % lors des grossesses suivantes. Si les varices régressent souvent à la fin de la grossesse, l’insuffisance veineuse superficielle est définitive. Quand le risque veineux touche des veines profondes de la jambe, il peut déclencher une phlébite, pathologie beaucoup plus grave.

Le sang doit lutter contre la gravité

Pour comprendre la lourdeur des jambes, il faut se rappeler comment circule le sang. Le sang est propulsé par le cœur dans les artères, afin d’apporter de l’oxygène à toutes les cellules. Une fois qu’il a délivré cet oxygène, le sang retourne vers le cœur, en empruntant d’autres vaisseaux, les veines : c’est le retour veineux.

Or, pour remonter des pieds vers le cœur, le sang doit lutter contre la gravité : la contraction des muscles de la jambe et l’appui sur la voûte plantaire lors de la marche compriment alors les veines et font remonter le sang.

Pour empêcher le sang de refluer, les veines sont équipées de petits « clapets » appelés valvules : on parle de système anti-reflux. Ces clapets sont fragiles. Sous l’effet de facteurs de risques, comme l’âge, la sédentarité, la grossesse, la chaleur, la paroi des veines peut se dilater. Les valvules deviennent alors perméables et n’assurent plus leur fonction anti-reflux. Le sang stagne dans les capillaires sanguins, provoque la sensation de jambes lourdes et forme de petits amas : la stase veineuse ou la varice. Dans le cas d’une phlébite, un caillot de sang se forme dans une veine profonde de la jambe. Ce caillot peut, dans des cas extrêmes, remonter jusqu’au poumon et provoquer des embolies pulmonaires mortelles. La maladie thromboembolique veineuse est la première cause de mortalité pendant la grossesse, après les hémorragies.

Pour retrouver de la légèreté, on peut avoir recours au drainage lymphatique manuel. Ce massage drainant n’est pas efficace en prévention mais, dès que les symptômes apparaissent, les bénéfices sont immédiats.

La stase veineuse (stagnation du sang) empêche le retour du sang et provoque un encombrement des ganglions qui filtrent le sang, donc du système lymphatique. Le massage s’effectue par de légères pressions et dure en moyenne 30 minutes sur chaque jambe. Un massage qui a l’air simple mais que les patients ne peuvent pas faire eux-mêmes. Une fois les ganglions stimulés et désengorgés, le kinésithérapeute procède au massage drainant des vaisseaux lymphatiques.

Pour combattre cette insuffisance veineuse, il faut suivre un traitement agissant à trois niveaux différents. On parle de « trépied thérapeutique ». Celui-ci consiste à associer des règles hygiéno-diététiques, la contention veineuse et les plantes veinotoniques. Vous pouvez retrouver toutes les solutions naturelles dans cet article.

 

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