Modes de vie
Parler d’écologie avec les enfants

Parler d’écologie avec les enfants

Un joli livre pour comprendre l’élevage intensif

Publié le 02.05.2017 Propos recueillis par Anne-Charlotte Fraisse

Vous rêvez d’élever des enfants plus écolos ? Adèle Tariel, journaliste dans la presse jeunesse, consacre son troisième livre pour enfants à l’élevage intensif. À priori, pas le genre de belle histoire à base de princesses et de chevaliers qu’on lit le soir à sa progéniture. Sauf que le sujet est abordé avec finesse et tendresse, joliment illustré par Julie de Terssac. Nous avons voulu comprendre comment elles ont réussi ce tour de passe-passe : parler joyeusement aux enfants d’un sujet aussi délicat que l’industrialisation des pratiques agricoles et la souffrance des animaux d’élevage.

Avez-vous choisi ce sujet en réaction à la ferme des 1000 vaches ?

Adèle : « Oui, comme beaucoup de gens sans doute, j’ai été effrayée par ces fermes des 1000 vaches : l’industrialisation de l’agriculture, la maltraitance des animaux, etc. Et l’expression même « 1000 vaches » sonnait à mes oreilles presque comme quelque chose d’improbable, une blague, un titre de conte. Il ne restait plus qu’à écrire l’histoire. J’avais envie de parler de cette folie de notre monde moderne. En forçant le trait, en imaginant des ascenseurs à vaches, des étables à étages, etc., j’ai essayé d’apporter de l’humour et un univers graphique fort pour un album.

Dans notre histoire, ce sont les vaches qui décident de partir car elles ne supportent plus ce grand délire ! »

C’est votre premier livre sur l’écologie, est-ce un sujet qui vous tient à cœur ?

Adèle : « Oui, c’est une de mes préoccupations. J’ai grandi dans un milieu rural, mon oncle est éleveur en bio depuis plus de 30 ans, mon grand-père m’a transmis son amour de la nature depuis ma plus tendre enfance. Je n’avais pas encore abordé la question de l’écologie dans un album. C’était aussi l’occasion de parler de la surconsommation et du bien-être animal, souvent cher aux enfants. Il évoque aussi en filigrane l’absurdité d’en vouloir toujours plus, la transformation de nos modes de vie et notre lien à la terre, de ce qu’on veut en faire. »

Julie : « Bien sûr, je crois que ce sujet nous concerne tous, même si je ne suis pas forcément une super bonne élève ! Dans ma vie de tous les jours, je m’efforce au possible d’utiliser des produits bio, sains. Pour les cosmétiques et les produits d’hygiène, tout est bio ou presque. Idem pour les produits de nettoyage : j’utilise du vinaigre blanc et du savon de Marseille. Concernant l’alimentation… un peu moins, j’avoue ! »

 

Julie, vous avez construit vos images à partir du texte ? Est-ce difficile de mettre en images et de rendre joli un sujet finalement assez violent ?

Julie : « Oui, en effet. Cela fonctionne souvent ainsi : l’éditeur sélectionne un texte parmi tous ceux qu’il reçoit. Puis, il choisit l’illustrateur qui, selon lui, possède un univers qui illustrera au mieux ce texte.

Tout était déjà donc écrit quand j’ai été contactée par les éditions Père Fouettard. C’est toujours difficile d’illustrer un texte, quel qu’il soit…et avec un texte comme celui-ci… la tâche était rude !

Heureusement, le ton léger des mots d’Adèle m’a beaucoup aidée. J’ai pu ainsi inventer des images (faussement) naïves, colorées et dynamiques. Mes collages de papiers et tissus m’aident aussi beaucoup : avec eux, j’installe une ambiance, un univers qui me guide tout au long du livre. »

 
Pour lire ce joli livre :

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