Décryptage
Le curcuma : pour une longue et lumineuse vie

Le curcuma : pour une longue et lumineuse vie

Une racine purifiante et régénérante

Publié le 06.03.2017Amanda Jullion, herboriste franco-canadienne

Dernière ligne droite avant le printemps : courage ! Le soleil en poudre existe, il est à portée de main et il ne brûle pas ; au contraire, il réchauffe, purifie, nettoie et dynamise. Le curcuma, depuis près de 4 000 ans, épice et colore la cuisine et la médecine du continent asiatique, d’où il est originaire.

 

Sa couleur jaune orange ponctue le parcours des caravanes de la route des épices et sanctifie également les robes des moines bouddhistes. Après son introduction par les Croisés dans la cuisine du Moyen Âge, au xvie siècle, les premiers colons espagnols l’ont implanté au Mexique puis aux Caraïbes. L’efficacité des vertus médicinales de ses racines a fait du Curcuma longa, son nom latin, une référence thérapeutique reconnue.

 

Le Safran-Pays, son surnom antillais, a été inscrit en 1949 à la VIIe édition de la pharmacopée française. Sa réputation d’antidote contre l’intoxication à certaines plantes est incontestable. Comme en médecine ayurvédique ou chinoise, la médecine antillaise reconnaît aux curcumines (5 %) de sa racine séchée, les propriétés suivantes : stimulante, carminative (diminution des troubles gastriques, soigne la constipation), astringente, antalgique, cholagogue (stimule l’évacuation de la bile), hypocholestérolémiante et antirhumatismale.

 

En Martinique, il est dit que les feuilles sont hypoglycémiantes. Les plantes condimentaires comme le gingembre, le galanga et la cardamome sont de la même famille des Zingibéracées.

Des nombreuses études scientifiques ont prouvé l’efficacité de sa racine.

Les vertus antiseptiques, aromatiques, apéritives et digestives des racines de curcuma permettent, dès la mise en bouche, un festival de bienveillance préventive et curative dans l’organisme. L’absorption du repas n’en est que plus efficace, sans oublier le plaisir. D’un bout à l’autre de la planète, les colombos caraibéens et les currys indiens, avec leurs saveurs amères et piquantes, accommodent végétaux et viandes comme des alliés thérapeutiques.

On répertorie une quarantaine d’espèces de curcuma. Les études scientifiques disponibles concernent le Curcuma longa. Elles mettent en valeurs l’action des curcumines, extraites du rhizome séché du curcuma. Ces molécules antioxydantes (plus actives que la vitamine E) agissent comme anti-tumoral sur la destruction des cellules cancéreuses, et plus particulièrement sur les tumeurs cérébrales, d’après les recherches d’une chimiste canadienne (2008).

D’autres études indiennes et américaines mettent en évidence la lutte contre la prolifération des cellules cancéreuses grâce aux agents actifs du curcuma.

En médecine ayurvédique, on conseille de la consommer avec une matière grasse.

Sur les façons d’absorber le curcuma et les plantes à ajouter pour une meilleure efficacité, les méthodes diffèrent et les résultats sur le préventif et le curatif également.

Lors de la confection de tisanes ou de repas, il est conseillé de manipuler la poudre de curcuma avec précaution car vêtements et vaisselles blanches peuvent être vite tachés.

Après avoir pris toutes les précautions nécessaires et suivi les recettes et les remèdes transmis par les différentes médecines, le curcuma peut faire partie au quotidien des épices, condiments et herbes indispensables à ajouter dans nos boissons et notre alimentation. Lors de la dégustation, posons-nous un instant pour absorber et laisser infuser en nous cette plante solaire aux fleurs éperonnées et majestueuses. Imaginons comme un rayon de lumière qui irradie en nous une chaleur douce pour une thérapie globale et salvatrice.

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