Modes de vie
Comment acheter pour manger sainement ?

Comment acheter pour manger sainement ?

L'école de la consommation

Publié le 29.12.2016 Hortense Meltz

Pourquoi faut-il mieux acheter la pâte à tartiner noisettes de la marque U que du Nutella ? Pourquoi l’eau de Badoit est-elle meilleure pour la santé que la San Pellegrino ? La Paille d’Or, les Chamonix de la marque LU ou les BN à la fraise sont-ils mauvais pour la santé de votre enfant ? La 4e édition du guide Le bon choix au supermarché (Thierry Souccar éditions) a passé en revue les ingrédients de 8 000 aliments pour les classer selon leur qualité nutritionnelle et leur niveau de transformation. Une mine d’informations pour vous aider à vous orienter dans les rayons des grandes surfaces.

Aujourd’hui, parmi les milliers de références des rayons des grandes surfaces, il est difficile de choisir les produits les meilleurs pour la santé.

Impossible de faire confiance à une grande marque dont les services marketings performants nous persuadent souvent de la haute qualité et des bienfaits nutritionnels de leur produit.

Le sirop de glucose-fructose est le premier ingrédient des biscuits Paille d’Or de la marque LU. Les yaourts Taillefine aux fruits de Danone contiennent 9 additifs (épaississants, correcteurs d’acidité, édulcorants) et arômes dont certains sont soupçonnés d’être cancérigènes.

On n’a même pas le recours de se jeter les yeux fermés sur les produits estampillés bio, plus chers et pas toujours vertueux : s’ils sont souvent classés dans la catégorie la plus saine, les produits labellisés bio ne sont pas synonymes de bienfait pour la santé. Ainsi Le bon choix au supermarché met à l’index le porc au caramel de la marque Jardin bio : « De l’eau en premier ingrédient, du jambon transformé avec du dextrose (autre nom du glucose qui contribue à donner à la viande de porc une couleur rose), du sucre, du lactose et deux conservateurs, le tout cuisiné avec une mauvaise huile… ».

Les aliments d’une meilleure qualité nutritionnelle sont souvent plus onéreux car les matières premières choisies sont plus coûteuses, mais ce n’est pas une constante puisque le guide conseille certains des produits Leclerc (Marque Repère) ou Carrefour par exemple, classés devant des produits de marque.

Le bon choix au supermarché du collectif la nutrition.fr donne un coup de main pour déchiffrer les étiquettes de composition des aliments car de nombreux fabricants rusent avec les règles légales pour nous faire croire que leur produit est bon pour la santé. Il décode la qualité des ingrédients (sucre versus sirop de glucose), les allégations nutritionnelles (sources de fibre, à teneur garantie en vitamines, etc.), alerte sur les aliments suspects ou les additifs qui sont soupçonnés d’être cancérigènes (E 104, 450, etc.), allergènes (E 102, 104, 120, etc.) ou qui favorisent la perméabilité intestinale (E 432-436, 471, etc.).

Illustration avec deux gammes de produits : les eaux minérales et les pâtes à tartiner.

Quelle est l’eau minérale la meilleure pour la santé ?

« Si l’on s’intéresse aux effets des eaux minérales sur la santé, il existe, en gros, trois critères à surveiller.

– La teneur en bicarbonates:

Ces ions interviennent dans l’acidité de l’organisme. Ils préviennent donc l’ostéoporose et contribuent à préserver la masse musculaire, qui a tendance à « fondre » avec l’âge.
Certaines eaux – celles qui sont riches en bicarbonates – permettent de lutter contre un phénomène lié à l’alimentation actuelle et peu connu des nutritionnistes : l’acidose chronique. Nous mangeons en effet de plus en plus de protéines animales (viandes, charcuteries, laitages), de produits céréaliers, d’aliments salés. Tous ces aliments libèrent des acides dans l’organisme (respectivement acides phosphoriques, sulfuriques, chlorhydriques). Ces acides peuvent théoriquement être contrebalancés par des éléments alcalins fournis par les fruits et les légumes, à condition d’en manger beaucoup ! Comme c’est rarement le cas, l’organisme baigne en permanence dans une acidose qui met en péril l’équilibre pour lequel nous sommes génétiquement conçus. Pour maintenir cet équilibre, nous puisons dans les sels de calcium des os et dans les protéines musculaires, ce qui peut à la longue conduire, d’une part, à l’ostéoporose et, d’autre part, à la fonte des muscles. »

Les bicarbonates des eaux minérales sont intéressants car ils sont alcalinisants et contribuent à neutraliser l’acidose.
Votre eau devrait apporter au moins 1 000 mg de bicarbonates au litre, et si possible plus de 1 500 mg.

– La teneur en magnésium : un minéral important dans la gestion du stress et la prévention du vieillissement. Si vous avez besoin de magnésium, votre eau devrait en contenir 80 mg au moins par litre.
La teneur en calcium, un minéral qui joue notamment un rôle dans la santé osseuse. Choisissez une eau avec un minimum de 200 mg de calcium au litre.

– La teneur en chlorures, nitrates et fluor, qui peuvent poser des problèmes lorsqu’ils sont en excès. Un litre d’eau ne devrait pas apporter plus de :
– 40 mg de chlorures
– 5 mg de nitrates
– 2,5 mg de fluor

Dans la sélection des eaux minérales présentées, le premier critère de sélection est la teneur en chlorures, nitrates et fluor. Le deuxième critère est la nature alcalinisante ou acidifiante des eaux. Le troisième est leur teneur en minéraux et surtout l’équilibre entre ces minéraux (ce qui nous a conduit à privilégier les eaux buvables par toute la famille). »

1/0
  • L’eau est un excellent vecteur pour les minéraux. Des études expérimentales ont montré que le magnésium de l’eau est mieux absorbé (30 % de plus) et plus rapidement que le magnésium des aliments solides.
  • Sur l’étiquette de la bouteille doivent figurer le nom de la source exploitée, le lieu d’exploitation et/ou le pays d’origine, la mention des traitements et, en plus, la composition analytique avec ses constituants caractéristiques.

Qui n’a jamais mangé de Nutella ?

« La France est le premier marché mondial pour Nutella. Le spot TV nous montre un flot de lait auquel viennent se mêler une cascade de noisettes puis une pluie de chocolat en poudre. Que de bonnes choses pour les enfants ! La réalité est un peu différente. Le mini-film devrait montrer une pluie de sucre à laquelle viendraient se mêler un flot d’huile suivi d’une petite cascade de noisettes.

Nutella, c’est entre 60 et 70 % du sucre et de l’huile. Seules les noisettes ont un intérêt nutritionnel mais elles ne représentent que 13 % du produit. L’huile de palme est certifiée durable. On la trouve fréquemment dans les aliments industriels en raison de son faible coût de production. Côté santé, elle a mauvaise presse car elle est très riche en graisses saturées : 50 %. Ces graisses saturées ne sont pas mauvaises en soi, mais l’excès pose problème. L’huile de palme raffinée a un seul avantage nutritionnel : sa grande stabilité à la chaleur ce qui justifie son utilisation dans les frites surgelées par exemple (non raffinée, elle est très riche en antioxydants). »

Le guide recommande l’achat de la pâte à tartiner de la marque U en gardant à l’esprit qu’une pâte à tartiner est un aliment plaisir à ne consommer qu’occasionnellement. Il recommande de la remplace par les purées d’oléagineux (noisettes, noix de cajou, etc.) plus intéressantes sur le plan nutritionnel (plus de protéines, moins de sucre, des bonnes graisses), et vendues maintenant aussi en grande surface.

1/0
  • Le Nutella, c’est entre 60 et 70% du sucre et de l’huile. Seules les noisettes ont un intérêt nutritionnel mais elles ne représentent que 13% du produit.
  • Ces pâtes à tartiner n’ont aucun n’intérêt nutritionnel, elles sont à éviter absolument.

Pour ne plus vous laisser abuser par les industriels, le guide propose 6 règles de base à avoir en tête lors du choix d’un produit :

1. Privilégier la liste d’ingrédients la plus courte possible.
2. Celui qui est fabriqué avec des produits naturels (farine plutôt qu’amidon modifié, œufs plutôt que jaune d’œuf ou blanc en poudre, sucre plutôt que sirop de glucose, etc.).
3. Celui qui contient le moins de sucre ajouté (saccharose, glucose, fructose, sucre inverti, sirop de glucose-fructose, etc.).
4. Celui dont les graisses sont de meilleure qualité : olive ou colza de préférence.
5. Celui qui renferme peu ou pas d’additifs
6. Jamais de produits allégés en matières grasses.

 

Pour en savoir plus :

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Crédits photos : Fotolia et Shutterstock.
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