Décryptage
L’alimentation, première source d’exposition à l’aluminium

L’alimentation, première source d’exposition à l’aluminium

Quels sont les aliments à éviter ?

Publié le 21.10.2016 Nathalie Picard

L’ aluminium est partout. C’est le troisième composant le plus abondant de la croûte terrestre après l’oxygène et le silicium. Il intervient au cours de multiples procédés industriels, dans l’agro-alimentaire, le secteur pharmaceutique, le bâtiment, le traitement de l’eau potable, etc. Ce qui explique qu’il se retrouve dans la plupart des aliments, qui constituent la première source d’exposition de la population.

 

« L’aluminium peut être notre ami : c’est un métal très utile, léger et malléable, un excellent réflecteur thermique. Mais dès qu’il pénètre dans notre corps, il devient notre ennemi », souligne le docteur Olivier Guillard, biologiste à l’université de Poitiers. Car si la communauté scientifique reste partagée sur ses effets cancérigènes, son caractère toxique pour le cerveau et les os, lui, est avéré. En excès dans l’organisme, l’aluminium peut engendrer des troubles psychomoteurs, une encéphalopathie (maladie de l’encéphale, une partie du cerveau) ou une fragilisation du tissu osseux. C’est pourquoi une dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) a été définie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) : 1 mg par kilo de poids corporel et par semaine. « Cela signifie qu’un homme de 70 kg pourrait ingérer 70 mg d’aluminium (métal) par semaine, décrypte le biologiste. Je trouve cela élevé, même s’il est vrai que l’absorption digestive est très basse : seul 0,1 % environ de ce qui est ingéré pénètre dans l’organisme. Le reste est éliminé par les reins dans les urines. »

 

D’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’exposition moyenne de la population française est inférieure à cette dose : elle l’estime à 0,28 mg par kilo de poids corporel et par semaine chez les adultes et 0,42 mg chez les enfants de 3 à 17 ans. Les principaux aliments contributeurs sont, pour les adultes, les produits céréaliers, les légumes et le thé. Pour les enfants, il s’agit des produits céréaliers, des légumes, des produits laitiers et du chocolat. L’aluminium est naturellement présent dans la plupart de nos aliments, mais certains en contiennent plus que d’autres comme le thé, le cacao ou les légumes. Une contamination par les emballages ou les ustensiles de cuisine ou l’ajout d’additifs peut augmenter cette teneur.

 

Il ne faut pas utiliser du papier d’aluminium pour stocker des aliments de manière prolongée, ni le mettre en contact avec des aliments liquides et acides, comme du jus de citron ou de la vinaigrette.

 

Faut-il se méfier des additifs alimentaires à base d’aluminium, utilisés comme colorant, antiagglomérant ou affermissant, tels que l’E173 ou les E520 à E523 ? D’après l’Anses, ils ne constituent qu’une « très faible source d’exposition ». On peut toutefois les éviter en choisissant des produits biologiques, exempts d’additifs alimentaires à base d’aluminium. Et que penser du papier aluminium utilisé en cuisine ? « Ça peut-être utile, mais il faut savoir s’en servir ! Il ne faut pas l’utiliser pour stocker des aliments de manière prolongée, ni le mettre en contact avec des aliments liquides et acides, comme du jus de citron ou de la vinaigrette », précise Olivier Guillard. Sinon, l’aluminium vient contaminer les denrées.

 

En savoir plus sur l’exposition de la population à l’aluminium sur le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du  travail (Anses).

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