Modes de vie
Tenir les moustiques à l’écart, naturellement

Tenir les moustiques à l’écart, naturellement

Publié le 05.08.2016 Cécilie Cordier

Servir de repas aux moustiques durant tout l’été n’est pas particulièrement agréable. Pour faire fuir les indésirables envahisseurs, de nombreuses stratégies sont possibles : entre le bracelet magique et l’insecticide destructeur de plastique, il existe d’autres méthodes répulsives à tester. Nous avons pris conseil auprès d’un pharmacien phytothérapeute et homéopathe, pour savoir ce qui fonctionne contre les moustiques.

 

La lutte contre les moustiques, même en-dehors des zones où il est dangereux, est un sport estival très pratiqué. Il faut dire qu’il envahit autant nos journées à la fraîche près de l’eau ou dans les bois que nos douces nuits estivales. Notre véritable ennemi est la femelle, la seule qui ait besoin et soit en capacité de pomper notre sang. Dans le commerce, le marché de l’anti-moustiques est florissant, mais des solutions naturelles peuvent suffire.

Aucune méthode répulsive ne peut être efficace à 100 %. La première raison, avant la résistance des moustiques, est notre inégalité face à eux. Notre corps attire plus ou moins les femelles en quête de sang. Certaines bactéries de peau attirent les moustiques, tout comme certaines substances que nous produisons en plus ou moins grande quantité lorsque nous transpirons. Notre température corporelle, en s’élevant, fait aussi de nous un appât de choix.

Plus surprenant : il a été démontré en 2004(1)que les personnes du groupe sanguin O attirent deux fois plus les moustiques que celles du groupe A. Boire une bière pourrait également suffire à attirer les moustiques(2).

Bracelets et ultrasons à oublier

Faire fuir les assoiffées malgré toutes nos qualités gustatives pour elles relève donc parfois du défi. Dans cette bataille, les bracelets anti-moustiques ou les prises diffusant des ultrasons font partie des solutions promettant des miracles sans contact avec un produit chimique. Et sans efficacité.

Le bracelet, trop local, n’éloignera le moustique pendant quelques heures que du poignet où il est porté. Les ultrasons, censés assourdir les moustiques, ne feront qu’imposer aux plus robustes de contourner la prise : le seuil permettant de créer une répulsion n’est pas le même pour toutes les espèces. Ces dispositifs peuvent aussi déranger les animaux domestiques, voire les très jeunes enfants ou certains adultes sensibles aux ultrasons.

Pour se protéger des piqûres en n’ayant recours à aucun principe actif, les seules solutions sont mécaniques : des vêtements très couvrants et amples plutôt que moulants en journée ; une moustiquaire autour du lit la nuit.

Les astuces économiques

Pour protéger son habitation ou son environnement direct des moustiques, plutôt que sa peau, il est possible de tester des méthodes naturelles. Brûler du marc de café, précédemment asséché durant quelques jours ou semaines, pourrait contribuer à éloigner les piqueuses. La fumée et l’odeur les empêcheraient de se repérer. Placer sur le rebord de la fenêtre un demi-citron piqué de quelques clous de girofle permet également d’éloigner les nuisibles.

Pour la peau, la meilleure barrière est la plus grasse. Utiliser une crème très hydratante, comme une crème de nuit par exemple, sur des petites parties du corps non couvertes par les vêtements, dissuadera les moustiques : piquer sera plus difficile.

C’est également pour cela que, parmi les répulsifs, les crèmes sont plus efficaces que les vaporisateurs (généralement déconseillés aux personnes asthmatiques). « Mais les crèmes sont également plus absorbées, ce qui augmente les risques de réactions d’intolérance », note un pharmacien formé en phytothérapie et homéopathie.

En homéopathie, on recommande Ledum Palustre 5 CH à raison de trois granules matin et soir pendant la période à risques.

Les huiles essentielles en application locale

Parmi les remèdes naturels contre l’invasion de moustiques, les plus connus sont probablement les huiles essentielles. Géranium (Pelargonium graveolens), romarin à cinéole (Rosmarinus officinalis CT cineole), lavande vraie ou officinale (Lavandula angustifolia) ou encore citronnelle (Cymbopogon citratus) sont de grands classiques. « La citronnelle est très efficace, la lavande a l’avantage de faire fuir de nombreux insectes », selon notre pharmacien phytothérapeute.

Cependant, des précautions s’imposent. « Le produit est naturel, mais jamais pur, prévient-il. L’extraction et la purification sont des procédés chimiques. Ce sont des produits tellement concentrés qu’ils sont à manipuler avec prudence. » Les huiles essentielles sont notamment à proscrire chez l’enfant de moins de 30 mois (risques de convulsions) et la femme enceinte.

Pour les utiliser, il est possible de trouver ou de fabriquer des crèmes ou huiles à appliquer sur la peau. Les huiles essentielles ne s’utilisent jamais pures sur la peau. Pour fabriquer une huile répulsive maison, diluer au maximum cinq gouttes d’huile essentielle pour une cuillère à soupe de n’importe quelle huile végétale, ou dans 30 à 50 grammes de crème hydratante. Mélanger deux huiles essentielles augmentera l’efficacité du répulsif.

Le moustique sera dérangé par la texture et par l’odeur : à appliquer sur les zones du corps non couvertes, sauf le visage. Pour protéger cette zone, appliquer quelques gouttes de la solution juste derrière le lobe de chaque oreille. Il est nécessaire de tester la préparation sur une toute petite partie de la peau, pour éviter les risques de réaction allergique. Et de prendre garde aux huiles photo-sensibilisantes, dangereuses au soleil, comme la lavande.

Peu d’effet en diffusion

Dans l’air, les huiles essentielles sont moins efficaces. L’odeur est vite supportable pour le moustique. Trois gouttes de lavande ou de citronnelle, diffusées durant une demi-heure, à froid dans un appareil prévu à cet effet, peuvent toutefois protéger un salon pour une soirée. Inutile d’augmenter les doses si cela ne fonctionne pas : l’air serait saturé et les moustiques pas plus gênés.

Diffuser ou vaporiser des huiles essentielles est contre-indiqué en présence de personnes asthmatiques et risqué en présence d’enfants, car ils pourraient inhaler le mélange. « La règle générale pour les enfants reste de se tourner vers des gammes spécifiquement développées pour eux », indique notre pharmacien.

La chimie parfois indispensable

En zone très infestée, ou avec un risque de transmission de paludisme, il sera difficile de se passer des produits chimiques agressifs. L’efficacité du diéthyl-toluamide (DEET), de l’icaridine ou de l’IR35/35 en font des produits utiles dans les zones à risques. Ils sont à manier avec prudence et seulement si nécessaire, car ce sont des substances irritantes pour les yeux et le DEET attaque certaines fibres, ainsi que les plastiques. La concentration du produit ne doit pas être trop élevée. Pour les voyageurs dans les zones à risques, l’OMS émet des recommandations.

 

(1) Journal of Medical Entomology: les moustiques choisissent les personnes du groupe O deux fois plus souvent que celles du groupe A. Celles du groupe B se situent au milieu.

(2)Journal of the American Mosquito Control Association, 2011.

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