Décryptage
4 plantes pour réussir son bac

4 plantes pour réussir son bac

Augmenter les performances de son cerveau

Publié le 12.06.2017 Jacques Pothier, pharmacien

En cette période d’examens, il est intéressant de se pencher sur des plantes médicinales pouvant aider les étudiants à mémoriser, à se concentrer et à rester en forme. Ces plantes sont dites adaptogènes car elles augmentent la capacité du corps à s’adapter au stress.

 

On attribue le concept de plante adaptogène à un toxicologue russe du nom de Lazarev qui cherchait, après la Seconde Guerre mondiale, à définir le type d’action de plantes comme le ginseng. Selon ce concept, une substance adaptogène accroît de manière générale la résistance de l’organisme.

Souvent considérées comme des régulateurs métaboliques, ces plantes favorisent l’accroissement des moyens de défense de l’organisme : elles luttent contre le stress, la fatigue, les petits états dépressifs grâce à une stimulation du système immunitaire. Ces plantes sont prises en prévention sous forme de cure car elles agissent progressivement après quelques jours, un peu comme des vitamines, à l’inverse d’un café ou du guarana dont l’action stimulante est quasi immédiate. Ces substances ne sont pas des dopants et certains sportifs les emploient pour améliorer légalement leurs performances.

Comme différentes études l’ont démontré, ce concept correspond bien aux plantes comme le bacopa, la rhodiole, le ginseng, l’astragale, l’éleuthérocoque, le Schizandra chinensis.

Une cure de plantes adaptogènes est très intéressante pour mettre toutes les chances de son côté et booster ses performances intellectuelles. La plus intéressante est le bacopa, utilisé depuis des millénaires dans la médecine indienne,  améliore la mémoire, la concentration et soigne les troubles de l’humeur. La rhodiole, plante des pharmacopées russes et scandinaves,  lutte contre la fatigue et augmente les performances. Le ginseng et le gingko biloba sont aussi conseillés.

Mais il est bien évident qu’à côté de la consommation de ces plantes pour lutter contre le mauvais stress à l’approche d’un examen, il est indispensable  d’adopter une hygiène de vie rigoureuse : bien s’alimenter en privilégiant les fruits, faire du sport, se détendre et bien dormir.

Le bacopa booste la mémoire et aide à se relaxer

 

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Le bacopa, hysope d’eau ou brahmi en sanscrit (Bacopa monnieri ou Herpestis monniera) de la famille des scrofulariacées.

Espèce de plante grasse vivace, on utilise le bacopa comme une plante ornementale dans les aquariums, les zones humides près d’un bassin. Elle est connue des aquariophiles.

Bacopa monnieri est utilisée depuis des millénaires dans la médecine indienne pour améliorer la mémoire, la concentration et soigner les troubles de l’humeur. C’est une plante aquatique dont les composants, les bacosides, sont des saponosides tri terpéniques de même nature que les composés actifs du ginseng bien connu. Durant la dernière décennie, les scientifiques ont pu montrer que la plante avait en effet des qualités thérapeutiques fort appréciables.

Les anciens écrits ayurvédiques la recommandaient pour traiter divers états affectant l’intellect ou le système nerveux central : anxiété, troubles de la cognition ou de l’attention, dépression, convulsions épileptiques, troubles neurologiques. En Inde, traditionnellement, on pressait les feuilles et les tiges pour en tirer le jus ou on les faisait sécher pour ensuite les réduire en poudre. On utilisait ces matières premières pour confectionner des sirops, des décoctions, des boissons rafraîchissantes ou des purées à tartiner. Ces préparations étaient abondamment sucrées afin de masquer le goût amer.

Son action pharmacologique

Dans l’Inde actuelle, la médecine ayurvédique coexiste avec la médecine occidentale moderne et les médecins intègrent à leur pratique médicale bon nombre de remèdes traditionnels. Ainsi, le bacopa est reconnu par les autorités médicales comme un traitement valable contre l’épilepsie, ainsi que contre certaines dysfonctions mentales et intellectuelles. Les adultes et les étudiants en prennent pour améliorer leur fonctionnement intellectuel.

Les résultats de quatre essais publiés en Inde indiquent que le bacopa peut améliorer les facultés cognitives et la mémoire chez des écoliers en bonne santé, des personnes atteintes de dysfonction intellectuelle et des enfants souffrant de trouble de déficit dû à l’hyperactivité.

Au cours de l’un de ces essais, on a donné du sirop de bacopa à 35 sujets souffrant d’anxiété (un dosage équivalent à 12 g par jour de bacopa séchée) sur une durée de 4 semaines. Les auteurs ont rapporté une atténuation significative du degré de l’anxiété et de fatigue mentale ainsi qu’une augmentation de la mémoire.

Un essai à double insu avec placebo a été mené en Australie auprès de 46 sujets en bonne santé qui ont pris, chaque jour durant 12 semaines, 300 mg d’un extrait de bacopa normalisé à 5 % de bacosides. Les résultats indiquent qu’après 12 semaines de traitement l’extrait avait amélioré la vitesse de traitement de l’information, de même que la capacité d’apprentissage et la mémoire, tout en atténuant l’anxiété.

Des études ont montré que le bacopa améliorait la mémoire à court et long termes. Sur des rongeurs, on a comparé les effets du bacopa à ceux du Deprenyl, un médicament utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson qui a montré qu’il augmentait l’espérance de vie et stimulait dans le cerveau des enzymes antioxydantes. Le bacopa a accru l’activité antioxydante dans toutes les régions du cerveau, y compris dans l’hippocampe (le siège du stockage de la mémoire), alors que le Deprenyl ne l’activait seulement dans les régions frontales du cerveau.

Le bacopa agit en accroissant la production de monoxyde d’azote (NO). Dans des conditions de stress associées à la privation de sommeil, l’administration de bacopa permet de réduire les concentrations de glutamate et d’accroître celle de Gaba (Acide Gamma-Amino Butyrique) dans différentes zones cérébrales.

Les niveaux d’anxiété seraient ainsi réduits d’environ 20 %, la fatigue mentale diminuée et les niveaux de sérotonine (le neuromédiateur du sommeil) accrus.

Comment la consommer ?

On utilise habituellement le bacopa dans des préparations conditionnées et standardisées. Le plus souvent, le bacopa se présente sous la forme de poudre, d’extraits ou d’huile.

La dose quotidienne à respecter est de 300 mg d’extrait par jour. 2 gélules matin et soir à prendre au moment des repas avec un grand verre d’eau avec des extraits normalisés à 5 % de bacosides.

Comme le préconise la médecine ayurvédique, le bacopa doit être associé au ginkgo biloba et à des sources d’oméga 3 comme l’huile de saumon ou la lécithine de soja.

À éviter chez les femmes enceintes ou  allaitantes. Le bacopa peut occasionnellement provoquer des nausées, une sécheresse de la bouche et une fatigue.

La rhodiole : l'effet antifatigue

L’Orpin rose, rhodiola, rhodiole, racine d’or ou racine arctique (Rhodiola rosea, Lignum rhodium) de la famille des crassulacée (famille des plantes grasses)
L’orpin rose, rhodiola, rhodiole, racine d’or ou racine arctique (Rhodiola rosea, Lignum rhodium) de la famille des Crassulacée (famille des plantes grasses)

Cette plante vivace pousse dans des conditions extrêmes jusqu’à 2 280 mètres d’altitude dans les régions froides de l’Arctique, en Asie centrale, dans les Rocheuses, les Alpes, les Pyrénées, la Scandinavie et l’Islande.

Rhodiola rosea est dioïque. Il y a donc une plante mâle et une plante femelle séparée. Elle doit son nom de rosea à l’odeur subtile de rose de ses rhizomes coupés.

Les Vikings l’utilisaient comme tonique, les Inuits et les Lapons se sont servis des feuilles pour leurs effets stimulants et la médecine traditionnelle chinoise l’employait dans diverses préparations pour lutter contre la fatigue, augmenter la longévité et les performances sexuelles. Les troupes soviétiques d’Afghanistan s’en servaient pour lutter contre le stress, l’angoisse et la fatigue. Les cosmonautes russes ont fait appel à l’Orpin rose pour augmenter leurs performances.

À l’heure actuelle, de nombreuses préparations à base de rhodiole sont utilisées dans ses pays d’origine, la Scandinavie, la Russie et les USA, et depuis une décennie le rhodiole conquiert le marché européen, dont la France.

Son action pharmacologique

L’hypothèse communément admise est que les constituants de la rhodiole modifieraient les niveaux de sérotonine et de dopamine, médiateurs neurochimiques spécifiques, dans le cortex cérébral et l’hypothalamus. De plus, ses propriétés antioxydantes peuvent protéger le système nerveux des dommages occasionnés par les radicaux libres.

D’autres études ont montré que la rhodiole augmentait également la capacité de travail physique et réduisait considérablement le temps de récupération entre des périodes de travail intense.

Mais il faut retenir également l’effet antifatigue et l’amélioration des performances mentales démontrés par des études cliniques en double aveugle. Il est important de noter, par exemple, que ces effets sont beaucoup plus rapides qu’avec le ginseng ou l’éleuthérocoque.

Bien choisir sa rhodiole

La rhodiola est en partie cultivée, mais la demande sur le marché est telle que les ressources sauvages sont pillées, en raison de volumes de plantes très importants à fournir.

En première intention, toujours vérifier que vous vous procurez de la rhodiola cultivée, ne venant pas de Chine. En effet, la rhodiola chinoise, Rhodiola crassulata, est systématiquement arrachée en milieu sauvage, menaçant l’écosystème. Dans le doute, ou si vous n’arrivez pas à déterminer la provenance de la plante, tournez-vous vers du ginseng ou de l’éleuthérocoque.

Comment la consommer ?

Non utilisable en tisane, c’est sous forme d’extraits que cette plante est consommée. Les extraits de Rhodiola rosea agissent au bout de 4 semaines de prise de 100 mg d’extraits standardisés en rosavine à 3,5 %

Son effet stimulant pouvant interférer avec le sommeil, Rhodiola rosea doit être prise en début de journée.

2 gélules le matin et 1 gélule le midi à prendre au moment des repas avec un grand verre d’eau.

Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 15 ans. Ne pas administrer aux enfants en bas âge et prendre des précautions chez les patients prenant des anxiolytiques et/ou des antidépresseurs.

Le ginkgo biloba améliore la mémoire et la concentration

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Feuilles de Ginkgo biloba (Ginkgo biloba) de la famille des Ginkgoacées.

 

Plusieurs études démontrent que le ginkgo améliore la mémoire et les capacités cognitives des personnes souffrant d’Alzheimer. D’autres études ont démontré que le ginkgo pouvait aussi augmenter de façon significative la concentration et la mémoire d’individus en bonne santé.

Dans une étude publiée dans le Psychopharmacology, de jeunes étudiants ont été soumis à des tests de concentration et de mémoire, au cours de deux expériences différentes. Dans l’expérience 1, la moitié des jeunes participants (n=26) a pris une dose unique de 120 mg de ginkgo biloba. Lors de l’expérience 2, la moitié des jeunes (n=20) a pris une dose de 120 mg de ginkgo quotidiennement pendant 6 semaines. On a relevé une augmentation significative de la concentration et de la mémoire.

La forme tisane est déconseillée à cause d’un goût désagréable. Prendre une gélule 3 fois par jour au moment des repas, avec un grand verre d’eau.

Le ginseng pour une bonne santé intellectuelle

Baisse d’attention, chute de concentration, troubles de la mémoire : le ginseng améliorerait  « l’activité cérébrale avec une action favorable sur la mémorisation ». Le ginseng aide ainsi à améliorer les performances cognitives, d’après une étude publiée en 2005 dans le Journal of psychopharmacology. Il existe de très nombreuses préparations à base de ginseng. Il vaut mieux éviter l’achat via Internet sur des sites non sécurisés, et préférer s’approvisionner en pharmacie.

Prendre 1 comprimé par jour de préférence le matin.

 

Pour toutes les références des études citées :

Bruneton Jean,  Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales,  (5° éd.) , Tec et Doc Editions, 2016.

Morel Jean-MichelTraité pratique de phytothérapieGranger éditions, 2008.

Réaux Julie,  Rhodiola rosea L. une plante adaptogène,  thèse sous la direction de Jacques Pothier, faculté de pharmacie, Tours, 2011.

Pothier Jacques,  « Le bacopa ou hysope d’eau »,  La phytothérapie européenne,  novembre 2009.

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