Modes de vie
Buvez-vous trop de café?

Buvez-vous trop de café?

Les scientifiques répondent.

Publié le 14.05.2018 Annie Casamayou, Naturopathe

On entend tout et son contraire sur le café. Certains ne jurent que par ses vertus « coup de fouet » pour le cerveau et le métabolisme, d’autres alertent sur les risques pour les os et les reins. Quels sont ses effets réels sur l’organisme ?

Amateurs de café, déculpabilisez-vous !

Pendant longtemps, le café a été soupçonné de favoriser les ulcères, l’hypertension, l’infarctus et d’augmenter le risque de certains cancers. Mais les études, les unes après les autres, réfutent ces idées reçues et il semble clair maintenant que boire votre petit noir n’entraîne pas d’effets négatifs sérieux sur votre santé.

Évidemment, si vous en consommez trop, vous risquez de ressentir des palpitations, de l’anxiété ou d’avoir des problèmes de sommeil. Il y a une question de tolérance individuelle qui est fonction de votre métabolisme, de votre poids, de votre activité, etc. De façon générale, il n’est pas recommandé de dépasser 4 tasses par jour, c’est la limite qui revient le plus souvent dans les études. Pour être précis, comprenez des tasses de 200 ml servies sans lait, sans crème et sans sucre. Même si vous ne vous en rendez pas compte, la caséine du lait précipite les tanins du café et rend la digestion très problématique.

Une tasse comprend en moyenne 100 mg de caféine, l’ingrédient le plus fameux du café. C’est un stimulant qui, une fois ingéré, parvient rapidement au cerveau, active le système nerveux central et les muscles, avec pour effet de vous donner la sensation d’être bien éveillé et d’avoir plus d’énergie. Mais il semble y avoir bien d’autres avantages à boire du café.

La caféine masquée.

La caféine se trouve aussi là où vous ne l’attendez peut-être pas, dans des aliments couramment consommés comme les sodas au cola, le chocolat, le thé, le guarana et les boissons énergisantes. Elle fait aussi partie des ingrédients de certains médicaments anti-rhume ou anti-douleurs. Prudence donc car, en multipliant les sources de caféine, vous pouvez atteindre facilement une dose conséquente.

Des effets bénéfiques sur la santé.

Depuis une dizaine d’années, les recherches sur les effets du café sur la santé s’accumulent, c’est ainsi que sa consommation contribuerait à vous protéger du diabète de type 2, de la maladie de Parkinson de l’apparition de calculs biliaires et du cancer du foie. Le café permettrait également de renforcer la mémoire, de réduire le risque de dépression et le niveau inflammatoire global de l’organisme. D’autres études montrent qu’une consommation modérée de 3 à 5 tasses par jour s’associe à un risque moindre de maladies cardiovasculaires.

C’est un domaine de recherches très actif mais, attention, les scientifiques sont encore loin d’affirmer qu’il faudrait absolument boire du café pour vous maintenir en bonne santé. Ce n’est qu’un des éléments qui module vos facteurs de risques. Si vous souhaitez améliorer votre forme, il sera préférable de vous focaliser sur d’autres aspects de votre hygiène de vie, par exemple en consommant plus de légumes ou en adoptant une activité physique régulière.

De puissants antioxydants.

Ce qui est intéressant, c’est que l’on observe également certains résultats favorables à la santé chez les buveurs de décaféiné. Le café est en effet une boisson très complexe. Outre la caféine, les grains de café contiennent un bel ensemble d’un millier de composés différents, leur interaction serait responsable de cet arôme si caractéristique et pourrait être à l’origine de ses bénéfices sur la santé.

Une tasse de café fournit pas loin de 300 antioxydants, surtout des polyphénols et des bioflavonoïdes, et dans des proportions un peu plus importantes qu’un mug de thé vert ou un verre de vin rouge. D’ailleurs, dans certains pays gros consommateurs comme la Norvège, le café serait la meilleure source alimentaire d’antioxydants

Alors, où est le mal ?

Tous les experts s’accordent donc pour présenter la consommation modérée de café comme positive mais, dans certains cas, il sera préférable de vous abstenir :

Femmes enceintes

Aujourd’hui, des preuves solides suggèrent que la consommation de caféine réduit la croissance et le développement fœtal et augmente le risque de fausse couche ou de mortalité à la naissance. La caféine traverse le placenta pour atteindre le fœtus, or celui-ci y est très sensible et il ne peut la métaboliser que très lentement. Par prudence, les femmes enceintes doivent donc s’abstenir de caféine.

Fatigue et stress

Si le café vous donne un coup de fouet, c’est qu’il stimule – entre autres – la sécrétion d’adrénaline, l’hormone du stress, par les glandes surrénales. La fatigue semble diminuer et vous ressentez momentanément un surplus d’énergie, mais l’organisme puise dans ses réserves pour y parvenir.

Si vous êtes déjà anxieux, fatigué ou stressé, il est probable que dans les deux heures suivantes, vous ressentiez un autre coup de pompe et la tentation d’un nouveau café. Le risque, c’est d’entrer dans un cercle vicieux qui vous épuise et vous fasse résister de plus en plus mal au stress.

Déminéralisation

Plus de 3 tasses de café par jour semblent interférer avec l’absorption et l’assimilation du calcium, avec pour conséquence d’augmenter le risque d’ostéoporose.
En outre, le café contient des tanins qui diminuent grandement l’assimilation du fer. Si vous manquez de fer, évitez de prendre un café en fin de repas.

Fuites urinaires

La consommation de café semble exacerber les problèmes de vessie hyperactive et aggraver les incontinences urinaires.

Capsules, instantané ou vrai café ?

Il est bon de savoir que le café fait partie des cultures les plus arrosées de pesticides et d’engrais, préférez donc un café biologique et équitable.
Sachez que la plupart des composés protecteurs du café se forme durant la torréfaction. Un café bien noir est donc très concentré en substances protectrices, et il contient un peu moins de caféine, celle-ci étant en partie décomposée quand les grains sont grillés.

Le mode de préparation du café influence la teneur en caféine. Contrairement à ce que l’on croit, un expresso en comprend moins qu’un café filtre. La caféine est un des ingrédients les moins solubles du café, donc si l’eau le traverse rapidement, elle n’a pas le temps d’imprégner votre tasse.

Selon l’origine du café, une tasse d’expresso comprend entre 40 et 100 mg de caféine, tandis qu’un café préparé dans une cafetière électrique peut en contenir jusqu’à 180 mg.

Le café soluble présenterait une teneur équivalente en antioxydants que le café moulu et un petit peu moins de caféine mais il est souvent consommé en plus grande quantité.

Et les fameuses capsules ou les dosettes ? Elles semblent afficher des contenus équivalents aux cafés filtres en ce qui concerne la caféine et les composés protecteurs. Mais elles concentrent aussi du furane, une molécule du café soupçonnée d’être cancérigène et qui se trouve piégée dans l’emballage sans pouvoir se dissiper. Pour les fabricants, vous ne prenez des risques que si vous consommez 20 doses par jour.

 

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