Acteurs du changement
« J’suis verte ! »

« J’suis verte ! »

Portrait d’une écolo-contrariée

Publié le 27.11.2017 Propos recueillis par Anne-Charlotte Fraisse

Faire rire en parlant de panier de légumes biologiques ou de candidose intestinale, c’est une seconde nature pour Claire, musicienne et blogueuse engagée. Pour nous informer, elle a choisi l’humour. Et ça fonctionne ! Rencontre avec celle qui peut vous faire réfléchir sans être barbante.

Pensées Sauvages : Musicienne, comment avez-vous commencé à écrire vos aventures écolo ?

Claire : « C’est parti d’un ras-le-bol à la fois de rabâcher mes trouvailles écolo aux flemmards et du milieu du showbiz. J’avais envie d’un nouveau projet ayant plus de sens que d’entendre des vannes graveleuses dans un camion de tournée, et aussi de ne plus dépendre du bon vouloir des programmateurs de salles et autres labels.

Écolo de la première heure, un bac scientifique en poche, j’ai choisi l’orientation la plus “cuicui les oiseaux”  : ingénieur des eaux et forêts. De là, j’ai passé un an à faire pousser des germes dans des boîtes qui puent. Mais guitariste depuis l’enfance, je monte alors un groupe. À moi la carrière de musicienne : les tournées et la vie à Paris, the place to be.

Je fais de mon mieux pour vivre en accord avec mes convictions de toujours dans mon environnement géographique et professionnel. Ce blog me rapproche un peu de mes premières amours écologiques, sans trop me salir les ongles. »

Des règles à l’épilation, aucun tabou et beaucoup d’humour. Vous vous inspirez de votre quotidien ?

« Ah non, je n’ai ni poils, ni règles et je n’ai pas besoin de l’AMAP pour trouver l’amour, enfin !

Ben si, en fait, et comme dans mes chansons, je ne sais qu’écrire des faits réels. C’est ça qui fait marrer les gens, et moi la première. L’humour a toujours été mon vecteur sur scène comme devant mon ordi. Parce qu’il y a déjà la dose de blogs écolo très documentés, très sérieux, voire un poil austères, que je cite pour ceux qui veulent approfondir.

Moi, je raconte mes expériences personnelles avec mes essais foireux et mes recettes ratées. Ça désacralise le côté bio-perfection qui peut faire trop peur pour s’y mettre. Je parle de tous les domaines de ma vie dans les catégories “Manger bon”, “Consommer mollo”, “Nettoyer propre”, “S’embellir sans”…

J’ai d’ailleurs été très surprise du succès de mon article sur la candidose intestinale. Je pensais le sujet trop personnel, je me disais que ça n’intéresserait personne. Ce qui prouve que pour toucher les gens, il faut de la lose, des blagues et des champignons dégueu ! »

Quelles évolutions aimeriez-vous apporter à votre blog ? Est-ce une reconversion professionnelle ou juste un moyen de partager vos expériences ?

« Le but de ce blog est de changer le monde ! Avec mon journal intime !

Mon propos est celui de Pierre Rabhi avec sa légende du colibri : faire sa part, même si elle est infime, et surtout si elle est imparfaite. Simplement parler à la première personne, sans prosélytisme, sans moralisation. Je me contente de chambrer mes “détracteurs”, de râler un peu, en proposant mes alternatives.

La ligne directrice étant l’éthique, la décroissance, il est hors de question de monétiser ce blog avec des annonceurs ou la vente des adresses email des abonnés. Ensuite, ma volonté est de séparer la rémunération de la création, car cette association a terni ma passion pour la musique. Je pense à Didier, le leader du groupe Les Wampas, qui n’a jamais lâché son job de technicien à la RATP, même en devenant une rock star, car il voulait garder la musique comme jeu.

Polo, illustrateur et rock star, mon complice de toujours à la ville comme à la scène, m’engueule quand je dis que je ne veux pas gagner d’argent avec ce blog. Notre projet initial était un bouquin, même si cela prend la forme d’un blog aujourd’hui. Mais ça reste un objectif.

J’aimerais aussi beaucoup être publiée sur d’autres blogs ou dans des magazines, ou encore écrire des articles sur commande, si je peux écrire librement. Faire la journaliste, l’écrivaine comme métier supplémentaire, je veux bien, même payée !

Avec tout ça, je suis toujours musicienne et prof, et je viens même de remonter mon énième groupe de reprises 80’s massacrées au synthé ! Sauf que maintenant, je soûle tous les organisateurs avec mes exigences véganes : pas hyper punk ! »

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