Modes de vie
Mon enfant a mal au coeur en voiture

Mon enfant a mal au coeur en voiture

Comment le soigner?

Publié le 10.07.2017 Anne de Labouret, Docteur en Pharmacie

Mal au cœur en voiture, mal de l’air, mal de mer, ces termes désignent une seule et même affection : la cinétose. Elle gâche bien des voyages de beaucoup d’enfants de 2 à 12 ans. Chez les adultes, les femmes enceintes et les personnes qui souffrent de migraines y sont les plus sensibles. Posologie et conseils pour que le trajet soit déjà des vacances.

Un malaise généralisé et évolutif

Les premiers signes sont la pâleur du visage, la somnolence et des bâillements répétés. Puis le malaise évolue en nausées, sueurs et vomissements. Les manifestations sont d’autant plus intenses et fréquentes que les mouvements du véhicule sont importants : virages répétés en voiture, vagues fortes en bateau, turbulences en avion, etc. L’effet est particulièrement sensible sur l’eau : même les marins aguerris peuvent se sentir nauséeux sur une mer très houleuse.

Le mal des transports est lié aux difficultés qu’éprouve le cerveau à intégrer les informations contradictoires émises par deux sources sensorielles différentes : la vue et l’audition. Alors que les centres de l’équilibre situés au niveau de l’oreille interne informent le cerveau que la personne est en mouvement, la source visuelle envoie l’information contraire. L’organisme n’est plus capable de comprendre ce qui se passe et de s’adapter au mouvement, au contraire de ce qu’il fait habituellement en cas de déplacement.

Une solution naturelle : l'homéopathie

Pour une meilleure efficacité, commencez le traitement la veille du départ :
– Cocculus 5 CH, 3 granules la veille puis le jour du départ. Puis 3 granules à la demande pendant le voyage. Espacez ensuite les prises en fonction de l’amélioration. À savoir : Cocculus convient également aux animaux malades en voiture.
Pendant le voyage, si la tête tourne ou en cas de vertiges : Tabacum 5 CH, 3 granules à la demande (à espacer quand les signes s’estompent).
Si le voyage est source de stress : Gelsemium 15 CH (1 dose la veille au soir et 1 dose le matin du départ).
Si le voyage provoque une excitation importante : Ignatia 15 CH (1 dose la veille et 1 dose le matin du départ).

Voici également deux remèdes spécifiques si vous prenez la mer :
En cas de mal de mer (tangage) ou en avion (trous d’air) : Borax 15 CH (3 granules toutes les 2 heures).
En cas de sensibilité à l’odeur du moteur : Petroleum 9 CH (3 granules toutes les 2 heures).

Conseils pratiques contre les nausées

Faut-il manger ? Ni trop ni trop peu. Les enfants sensibles ne doivent ni être à jeun, ni avoir pris de repas copieux avant le voyage. L’idéal est une petite collation avant de se mettre en route. Pendant le voyage, mieux vaut s’alimenter régulièrement mais par petites quantités. Profitez des pauses sur la route pour de petits pique-niques en plein air.

– Rien de tel qu’un bon apport d’air frais ! Ne surchauffez pas l’habitacle, ouvrez les fenêtres et aérez suffisamment le véhicule. Dans la voiture, évitez les aliments à forte odeur (œufs durs, fromages, etc.)… et, bien sûr, le tabac. En bateau, installez-vous sur le pont, loin des odeurs de carburants, plutôt qu’à l’intérieur.

– Votre enfant présente les premiers signes d’un malaise ? Il est temps de faire une pause. Profitez-en pour prendre l’air, le faire jouer et le distraire.

La lecture aggrave les symptômes en focalisant l’attention sur un point immobile par rapport à soi : le livre. Mieux vaut regarder le paysage et l’horizon par la fenêtre du véhicule. Fermer les yeux aide également à limiter le conflit interne entre le système visuel et le système vestibulaire.

En bateau ou en avion, choisissez la bonne place, au milieu de l’appareil, où les mouvements sont les moins importants. Poser sa tête sur un oreiller ou un appui-tête permet aussi de réduire les mouvements.

– Tout ce qui va dans le sens de la détente est positif : respirez, laissez le stress de côté. En avion, fermez les yeux en vous branchant sur une musique relaxante.

Toutes les activités qui donnent des informations contradictoires relatives à l’équilibre peuvent provoquer des symptômes proches du mal des transports. Les astronautes sont sensibles au mal de l’espace et certaines personnes éprouvent les mêmes sensations en ski lorsque le brouillard « gomme » les repères visuels ! Ce peut aussi être le cas de certains jeux vidéos (courses de voitures, jeux de tirs à la première personne, etc.), de films mouvementés visionnés sur écran géant ou de vidéos amateurs qui « donnent le tournis ». Sans oublier le « mal de terre » qui, en modifiant une nouvelle fois les repères, fait tanguer le sol après un long voyage en bateau…