Acteurs du changement
3 questions à une naturopathe « consom’actrice »

3 questions à une naturopathe « consom’actrice »

Ombeline Hoor lutte contre les perturbateurs endocriniens

Publié le 07.06.2017

Passer au crible les étiquettes des produits de consommation courante, Ombeline Hoor a commencé à le faire par curiosité pour, finalement, se tourner vers une démarche de décroissance heureuse. Elle est devenue une consommatrice actrice de l’écologie : une consom’actrice, comme elle se baptise elle-même. Consciente de l’énorme impact des choix de consommation individuels sur le modèle économique actuel, elle considère que le caddie est un instrument puissant pour faire entendre sa voix.

Ombeline Hoor : « En choisissant ce que je consomme, explique Ombline Horr ou ce que je refuse de consommer d’ailleurs, je soutiens un système reposant sur l’éthique et la transparence, celui que j’aimerais voir se développer : plus juste, plus sain et plus respectueux de l’environnement. Dites-vous qu’à chaque passage en caisse, vous votez ! »

Engagée auprès de l’association Générations Cobayes, elle lutte contre les perturbateurs endocriniens qui pullulent dans les produits cosmétiques et propose des solutions naturelles pour réaliser soi-même des soins 100 % naturels.

Elle partage, sur son blog et dans son dernier livre, tout ce qu’elle a appris de son chemin vers moins d’objets et plus de bonheur.

Par quoi votre engagement pour une consommation plus responsable a-t-il été impulsé ? Est-ce que vous avez toujours agi en ce sens ou y a-t-il eu une prise de conscience à un moment précis ?

« J’ai eu la chance d’être sensibilisée dès le plus jeune âge à l’importance d’une alimentation saine et de qualité. Chez mes parents, fervents défenseurs des médecines alternatives, il n’y a jamais eu ni surimi, ni chips saveur “poulet rôti”, ni Nutella… Tout a toujours été fait maison, bio et de saison.

En quittant le cocon familial, j’ai envoyé valser tout ce que l’on m’avait enseigné pour faire mes propres expériences. J’ai alors fait comme bon nombre d’étudiants, j’ai préféré consacrer mon budget aux sorties plutôt qu’aux légumes du marché et, petit à petit, ma santé a commencé à se dégrader. Paradoxalement, je m’alimentais mal mais je nourrissais un profond intérêt pour les compositions : je décryptais scrupuleusement tous les cosmétiques et tout ce qui me tombait sous la main, je passais des heures à déchiffrer les ingrédients, à traquer le greenwashing, pour pouvoir le dénoncer sur le blog que je tenais à l’époque.

Et puis, avec le temps, tout s’est regroupé. J’ai finalement compris que l’argent que je n’investissais pas dans l’alimentation, pour mon corps donc, je le dépensais à la pharmacie du coin. C’est là que j’ai réalisé pourquoi mes parents tenaient tant à nous faire manger sainement. L’alimentation est bel et bien le pilier de la santé ! J’ai donc repris de bonnes habitudes et j’ai cherché à vivre avec le plus de cohérence possible : je me suis intéressée à l’alimentation végétale, à la phyto et à l’aromathérapie, j’ai aussi exploré le Do It Yourself (DIY), le zéro déchet… Bref, je suis devenue consom’actrice. »

Vous êtes également naturopathe. La prévention de la santé est une évidence pour vous depuis toujours ? 

« À vrai dire, mes visites chez le médecin se comptent sur les doigts d’une main. Les plantes du jardin m’ont toujours requinquée, les rares fois où une simple diète ne suffisait pas.

La naturopathie s’est imposée à moi alors que je revenais d’un voyage au long cours, sac sur le dos et projet écologique en poche. Pendant un an, j’ai sillonné les routes du Canada jusqu’au Salvador, à la recherche d’initiatives respectueuses de l’homme et de l’environnement mais, comme bien souvent, ce périple a surtout servi de toile de fond à un véritable voyage intérieur. À mon retour, j’ai pris conscience que la naturopathie était le dénominateur commun de toutes les thématiques qui me sont chères : l’alimentation, le soin par les plantes, les fleurs de Bach… et bien d’autres que j’ai découvertes depuis ! »

Pouvez-vous nous parler de l’association contre les perturbateurs endocriniens que vous soutenez ?

« J’ai découvert Générations Cobayes peu de temps avant mon départ, alors que je cherchais à me rendre utile. La curiosité m’a poussée à l’une de leurs réunions, ça a fait tilt, j’ai tout de suite accroché avec le leitmotiv. J’ai donc rejoint la joyeuse bande pour travailler sur leur toute première campagne de sensibilisation “Protège tes hormones”.

Générations Cobayes est une association qui alerte sur les liens existant entre la dégradation de l’environnement et l’augmentation des maladies chroniques. Sa mission est double : non seulement elle s’active pour lutter contre les perturbateurs endocriniens, en diffusant des informations et des solutions concrètes pour dépolluer notre quotidien, mais elle fédère surtout les 18-35 ans pour interpeller les décideurs politiques et ainsi faire évoluer les réglementations en vigueur.

Les campagnes de communication se multiplient et, peu à peu, le mouvement s’étend. Dernièrement, ils ont lancé Cobayes Squad, une websérie drôle et totalement décalée, qui encourage à adopter les bons gestes pour préserver sa santé. Aujourd’hui, ils souhaitent s’associer aux régions pour lancer des kits de l’éco-drague dans les lycées, organiser des conférences ludiques et des ateliers DIY.

Ce qui me plaît dans ce mouvement, c’est que sous couvert d’humour, ils propagent une information essentielle et encouragent les jeunes à se responsabiliser, ce sont des consom’acteurs en puissance. »

Retrouvez Ombeline Hoor sur son blog : http://naturoh.com et son livre pour réussir sa transition de consommateur à consom’acteur : J’achète moins, je vis mieux, c’est parti, aux éditions Jouvence.

 

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