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Vaccins : les dangers de l’aluminium

Vaccins : les dangers de l’aluminium

Les dernières découvertes du professeur Gherardi.

Publié le 17.02.2017 Propos recueillis par Hortense Meltz

Vaccins : les dangers de l'aluminiumRomain Gherardi

Romain Gherardi

Depuis 2014, nous savons que l’hydroxyde d’aluminium, adjuvant qui favorise l’action d’un vaccin, persiste longuement dans l’organisme et peut migrer dans le cerveau pour n’en plus ressortir. On doit cette découverte, qui bouscule les idées reçues, au professeur Romain Gherardi, chef de service du Centre expert en pathologie neuromusculaire de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil. Pensées Sauvages l’a rencontré pour faire le point sur l’aluminium dans les vaccins.

 

Romain Gherardi travaille sur les adjuvants des vaccins depuis plus de 15 ans. Le chercheur raconte dans un livre, Toxic Story, l’histoire de cette découverte, typique de l’histoire des sciences. En 1993, au hasard de la découverte d’une nouvelle pathologie qui sera baptisée myofaciite à macrophage, Romain Gherardi commence à s’intéresser à l’évolution de particules d’aluminium retrouvées dans les cellules immunitaires des malades. Ardent défenseur de la politique vaccinale, le chercheur milite aujourd’hui pour que l’on impose aux industriels de commercialiser des vaccins sans adjuvant ou avec des adjuvants sans aluminium.

Pourquoi l’aluminium est-il utilisé comme un adjuvant dans de nombreux vaccins ?

« Tout commence dans les années 1920, à Garches, quand un vétérinaire et biologiste français de l’Institut Pasteur, Gaston Ramon, fait une étrange découverte en vaccinant les chevaux contre la diphtérie. L’usage est alors d’injecter une version purifiée de la toxine diphtérique rendue inoffensive par l’exposition au formol ainsi qu’à la chaleur. Hélas, l’immunisation demeure imparfaite. Mais un détail attire son attention : si l’animal développe une forte réaction sur le point d’injection, ou mieux encore, s’il s’y forme un abcès, la réponse immunitaire à la vaccination augmente systématiquement. S’il ne s’agit que de déclencher une irritation locale pour rendre les vaccins plus efficaces, les moyens ne manquent pas. Ramon récolte diverses saletés pour rendre plus irritant son vaccin : miettes de pain, tapioca, pus, huile. Et des sels métalliques. L’adjuvant tapioca n’a pas été retenu, les miettes de pain non plus. L’huile et le pus, en revanche, ont fait florès.

En 1926, de l’autre côté du Channel, Alexander Glenny, immunologiste de son état, s’intéresse de très près à la question des sels métalliques. Et démontre les propriétés adjuvantes des sels d’aluminium. Depuis, l’hydroxyde d’aluminium, et son cousin le phosphate d’aluminium, sont couramment utilisés dans les vaccins. Et pas seulement chez l’animal. Chez l’homme aussi. »

Depuis 1926, et jusqu’à l’époque des travaux de mon équipe, on ignorait à peu près tout du fonctionnement de l’aluminium. 

Comment fonctionnent les adjuvants d’aluminium

« Le vaccin en lui-même est composé d’antigènes [Un antigène est une molécule, généralement étrangère à l’organisme, susceptible de déclencher une réaction immunitaire en provoquant la formation d’anticorps et de lymphocytes tueurs qui se dirigent contre lui.] Les adjuvants à base d’hydroxyde d’aluminium, quant à eux, sont des nanoparticules cristallines qui s’agrègent spontanément pour former des agglomérats. Ces petits cailloux microscopiques, équivalents à la taille d’une bactérie, ont l’apparence de pelotes d’épingles.

Que se passe-t-il entre les deux ? L’antigène est fortement collé aux petits cailloux. On dit qu’il est adsorbé par l’adjuvant. Soit. Mais en quoi ce collage favorise-t-il la réaction du système immunitaire ?
Sans adjuvant, les antigènes sont libres ; les cellules du système immunitaire accourent pour capturer l’intrus avec leur méthode habituelle : phagocytose, présentation de l’antigène aux autres cellules, production d’anticorps spécifiques, mémorisation. Tout est réglé en un bref laps de temps.

Avec un adjuvant, en revanche, les cellules du système immunitaire ont beau se précipiter sur l’étranger, il reste d’abord fortement collé à sa grosse pelote d’aluminium. Largement inaccessible. De temps en temps, un antigène se détache… Puis un autre… La durée d’exposition à l’antigène s’en trouve considérablement allongée. Et la réaction renforcée. Tout cela semble on ne peut plus convaincant, à une réserve près : depuis 1926, et jusqu’à l’époque des travaux de mon équipe, on ignorait à peu près tout du fonctionnement de l’aluminium. On distribue cet adjuvant à 6 milliards d’individus, le monde entier est vacciné. Et quand on regarde sur quoi repose la sécurité de ces adjuvants, on s’aperçoit qu’il existe uniquement trois articles scientifiques publiés en tout, et ils sont faibles, très faibles ! »

Les faibles doses d’aluminium sont plus toxiques ! 

Qu’avez-vous découvert sur le fonctionnement de l’aluminium dans les vaccins ?

« Mes travaux ont permis de rectifier des idées reçues jamais remises en cause depuis 1926 !

Tout d’abord, loin d’être dissoutes par le liquide interstitiel dans lequel baignent les cellules – ce qui permettrait de les éliminer rapidement par voie rénale –, les particules aluminiques sont gobées par les cellules immunitaires (macrophages et cellules dendritiques), ce qui gène leur dissolution.

Une fois capturées, les particules d’adjuvant ne sont pas bloquées dans la zone d’injection et sont susceptibles d’être transportées hors du muscle par les cellules immunitaires, pour gagner progressivement les ganglions lymphatiques, la rate et de pénétrer dans le cerveau où elles déclenchent une réaction inflammatoire.

Et pour finir, s’il est exact que la quantité d’aluminium apportée par une dose de vaccin est négligeable au regard des apports alimentaires, cosmétiques, ou professionnels, cette comparaison est faussement rassurante : les modalités d’interactions de l’aluminium avec l’organisme dépendent crucialement de la forme sous laquelle il se présente.

L’aluminium qui traverse la barrière intestinale se trouve sous forme d’ions solubles et donc facilement éliminés par le rein. Il en faudra beaucoup pour être toxiques. L’aluminium particulaire, en revanche, qui se présente sous forme d’agrégats intracellulaires (exemple : l’hydroxyde d’aluminium vaccinal), est faiblement éliminé par le rein. Sa toxicité ne dépend pas de la dose mais de caractéristiques spécifiquement particulaires : les faibles doses sont plus toxiques ! Il semble que c’est la petite taille des agrégats d’adjuvant, qui les rend plus aisés à capturer et à transporter par les cellules immunitaires, et qui les rend neurotoxiques. »

Pourquoi les adjuvants aluminiques auraient-ils attendu 1993 pour déclencher une pathologie inconnue, alors qu’on les utilise couramment, sans dommage notable, depuis 1926 ?

Une petite proportion de personnes vaccinées développe des douleurs musculaires, souffre d’un état d’épuisement chronique et de troubles cognitifs invalidants plusieurs mois ou années après l’injection de vaccins aluminiques dans le muscle. Ces symptômes sont ceux du syndrome de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique (SFC/eM), maladie neurologique reconnue par l’OMS, proche des fatigues post-infectieuses. La découverte de la responsabilité de l’adjuvant d’hydroxyde d’aluminium est le fruit d’une convergence de trois hasards.

  1. En France, et nulle part ailleurs dans le monde, les biopsies musculaires sont prioritairement faites dans le muscle deltoïde, là où l’on pratique l’injection des vaccins.
  1. Au début des années 1990, l’OMS a décidé de passer de la voie sous cutanée à la voie intramusculaire, rendant donc possible de détecter par biopsie musculaire quelque chose qui n’était pas détecté auparavant.
  1. Ces cas sont apparus après une campagne où il y a eu 90 millions de doses de vaccins de l’hépatite B distribuées en France en 15 ans – record mondial absolu! Entre 1994 et 1998, un adulte français sur trois se fait vacciner – un sur deux le sera en 2002. Ce qui était un signal rare est devenu visible.

Il ne faut pas oublier que cette suspicion de relation de causalité entre les vaccins à base d’aluminium et la fatigue chronique existe depuis très longtemps. J’ai fait une revue de la littérature scientifique existante et j’ai trouvé 10 pays qui ont rapporté des cas de douleurs musculaires et articulaires, troubles neurologiques et fatigue chez des gens qui ont reçu des vaccins aluminiques. Mais il est très difficile d’établir un lien entre la vaccination et l’apparition des symptômes car il peut s’écouler plusieurs années ! »

Notre labo n’a bien évidemment pas les moyens de lancer cette étude. Il n’y a que l’État et l’OMS qui pourraient le faire, mais ils refusent absolument de mettre des moyens à disposition pour éclairer la question.

On vous reproche de ne pas faire la preuve scientifique du lien entre la persistance de l’adjuvant sur le site de la vaccination et la maladie de vos patients.

« Pour établir un lien de causalité, nous devons à la fois comprendre de façon formelle l’ensemble des mécanismes à l’œuvre et montrer le sur-risque en menant une étude épidémiologique, multicentrique pendant plusieurs années, sur plusieurs dizaines de milliers de vaccinés. Notre labo n’a bien évidemment pas les moyens de lancer cette étude. Il n’y a que l’État et l’OMS qui pourraient le faire mais ils refusent absolument de mettre des moyens à disposition pour éclairer la question. Je raconte dans le livre comment en décembre 2012, le ministère de la Santé, sous la pression médiatique d’une association de malades, s’engageait à financer nos études sur les effets indésirables de l’aluminium vaccinal, par le truchement de l’ANSM [Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui s’est substituée le 1er mai 2012 à l’Agence française de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé (Afssaps)], et à constituer un comité de pilotage. Les meilleurs scientifiques français se sont retrouvés pour définir un programme permettant d’infirmer ou de confirmer ce que nous disions de façon formelle. Le premier résultat qu’a donné la rédaction de cet excellent protocole de recherche, c’est la dissolution de ce comité sans explication…
On est dans une impasse. Il faut bien comprendre que c’est toujours à nous d’apporter la preuve de ce que nous disons, mais jamais aux marchands de vaccins de prouver que ce que nous disons est faux.
Ils sont très puissants, installés dans tous les systèmes de gouvernance sanitaire, tandis que nous sommes de modestes chercheurs aux moyens limités. Il existe quelques chercheurs renommés, comme le Pr Christopher Exley (Grande-Bretagne) ou le Pr Yehuda Shoenfeld (Israël), tous les deux leaders dans leur domaine (la toxicité de l’aluminium pour le premier, l’auto-immunité pour le second), qui travaillent sur ce sujet mais ils ont également beaucoup de difficultés à obtenir des financements.
Il s’agit d’une enjeu économique considérable : le marché du vaccin suit une courbe de croissance exceptionnelle selon les chiffres de l’OMS. Les trois grandes multinationales du vaccin ont prévu de passer de 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2005 à 100 milliard en 2025. Et 60 % de leurs vaccins ont des adjuvants aluminiques. »

Pour en savoir plus :

Couv.toxicstory

Vous êtes pour le maintien d’une couverture vaccinale efficace. Quelle est la solution ?

« Je suis pour le remplacement des adjuvants aluminiques dans les meilleurs délais et dans les meilleures conditions.
Au début des années 1970, Edgar Reyveld de l’Institut Pasteur mit au point un adjuvant non aluminique dans le vaccin du DT Polio. Le phosphate de calcium présente l’immense avantage de faire partie des composants naturels de l’organisme, puisque nos os en sont remplis, d’être bien toléré, de se résorber facilement et de ne pas induire de production d’anticorps médiateurs de réactions allergiques. Mais en 1985, Pasteur devient Mérieux. Et Mérieux, soucieux de simplifier sa production pour réduire ses coûts, résolut d’harmoniser sa gamme de vaccins, renonçant au phosphate de calcium au profit de son adjuvant “maison”, l’hydroxyde d’aluminium. Cette décision souleva un tollé chez les chercheurs de l’Institut Pasteur, qui lancèrent l’alerte en 1987, jusqu’au plus haut sommet de l’État, arguments scientifiques à l’appui. En vain. Rien n’y fit. Cette affaire est aujourd’hui oubliée.
Une autre a défrayé la chronique : celle du DTP sans adjuvant, lui aussi longtemps commercialisé par Pasteur sans que nul ne s’en plaigne et retiré du marché sous un prétexte irrecevable en 2008 par Sanofi avec l’aval de l’Afssaps.

Il n’y a qu’une petite partie des patients qui ont un problème et il faudrait comprendre pourquoi certains réagissent si mal. Nous avons récemment découvert que des gènes de détoxification cellulaire présentaient des variations fréquentes chez les patients malades. L’idée pourrait être, en attendant qu’un nouvel adjuvant de remplacement apparaisse, de mettre au point de tests prédictifs des facteurs génétiques de prédisposition, qui permettraient de mettre à l’abri les familles susceptibles d’avoir une intolérance aux adjuvants aluminiques. »

 
 

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