Décryptage
L’argousier : un trésor de vitalité

L’argousier : un trésor de vitalité

Ces petits fruits, orange vif, éloignent la fatigue et le stress.

Publié le 29.12.2016 Amanda Jullion, herboriste franco-canadienne

Voici une merveille de propriétés curatives insoupçonnées : l’argousier qui pousse en abondance dans les Alpes du Sud. Si les Grecs antiques lui attribuaient la vertu de rendre la robe des chevaux brillante et soyeuse, depuis une vingtaine d’années, les recherches ont montré des résultats surprenants sur ses propriétés antioxydantes.

 

Cet arbrisseau de la famille des Éléagnacées mesure un à deux mètres cinquante. Il est surnommé, entre autres, saule épineux et même, en italien, petit olivier épineux (Olivello spinoso). Il est vrai que, de prime abord, il n’est pas accueillant avec ses épines : le genre humain le fuit mais les chevaux, eux, ne s’y trompent pas. Intuitivement, ils vont chercher à manger le fruit orange, la source d’énergie procurée par les acides gras et les vitamines. L’étymologie de son nom botanique, Hippophaë rhamnoides, vient du grec hippos (cheval) et phaôs (reluire). Les Grecs pensaient que le poil brillant de leurs chevaux était dû à l’absorption des jeunes rameaux, des feuilles et des baies de l’argousier. Il est important de souligner qu’il ne faut pas le confondre avec l’arbousier (Arbustus unedo), un autre petit arbuste dont les fruits moelleux, à l’automne, enchantent les marcheurs de la garrigue provençale.

 

De la Russie au Tibet en passant par le Canada, où des migrants russes l’ont implanté pour lutter contre l’érosion des sols, l’argousier, appelé aussi faux nerprun, est utilisé pour les mêmes raisons que sur le territoire français : culinaire, sylvicole, horticole et thérapeutique. Les médecines ayurvédique, chinoise, japonaise et tibétaine regorgent de remèdes à base d’argousier à prendre en ingestion interne ou en soins externes.

Goumy Concentration

Une concentration en vitamine C trente fois supérieure à l’orange

Les huiles d’argousier contiennent beaucoup de vitamine E (330,4 mg/100 g), de vitamine A (378 mg/100 g) et des oméga 3, 6, 7 et 9. L’huile d’argousier est utilisée pour cicatriser et réhydrater la peau et les muqueuses. Une ethnobotaniste des Alpes-de-Hautes-Provence, Laurence Chaber, nous informe plus précisément : « La concentration en vitamine C des argouses est trente fois supérieure à celle de l’orange et cinq fois à celle du kiwi. Sa teneur en vitamine E excède celle du blé ou du maïs.
L’huile d’argousier est obtenue par pression à froid des baies et surtout des graines. On note deux types d’huiles : huile de pulpe et huile de graine. Les deux sont souvent mélangées ou indifférenciées sous le nom générique d’huile d’argousier.

L’extraction à l’échelle industrielle de ces principes actifs et d’autres, comme les vitamines du groupe B, la vitamine K et des acides organiques, est utilisée actuellement dans des pays européens et extra-européens dans des buts thérapeutiques.

En Russie, on produit industriellement une huile d’argousier qui contient 110 mg de vitamine E (somme des tocophérols) et pas moins de 180 mg de vitamine A (somme des caroténoïdes alpha, bêta et gamma-carotène, licopène, etc.), acides gras (myristique, palmitique, stéarique, oléique, linoléique), phospholipides et autres substances actives biologiquement. »

Les acides gras oméga 3 et oméga 6 sont les composants majoritaires de l’huile de pépins d’argouses (75 %), tandis que l’huile de pulpe contient plus de 50 % d’acide palmitique (oméga 7). Elles contiennent toutes deux de grandes quantités de flavonoïdes et de vitamine E.

L’ananas de Sibérie, surnom russe donné pour son côté acidulé, est indispensable l’hiver et en période de convalescence, pour éloigner la fatigue, le stress et faire une cure de vitamines salutaires pour le système immunitaire.

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